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 J’aime particulièrement la musique de Villeneuve (et pas uniquement parce que nous nous sommes retrouvés récemment, parlant de synthés analogiques autour d’un billard). Son deuxième album, Dry Marks of Memory, passé un peu inaperçu l’an dernier, était une étincelante collection de morceaux empreints d’Amérique et de shoegaze, d’élévation psychédélique et de tourneries hypnotiques, contenant en son coeur au moins un chef d’oeuvre (je n’exagère pas) sous la forme de la ballade céleste The Sun. Villeneuve a accepté de faire pour ce blog, inspiré par son été, une mixtape qui est, tout comme lui, élégante en diable.

Benge – 1977 Yamaha CS30
Julianna Barwick – Cloak
Phil Cohran – White Nile
Odetta – Pastures Of Plenty
Arthur Russell – Instrumentals A
Dana Westover – Beginning
The Everly Brothers – I Wonder If I Care As Much
The Olivia Tremor Control – Grass Canons
Clams Casino – Natural
Omar Rodriguez Lopez & John Frusciante – 0=2
The Durutti Column – Sketches For Dawn
Echo & The Bunnymen – Broke My Neck (Long Version)
The Chills – Pink Frost
The Field – Everybody’s Got To Learn Sometime
Tom Recchion – Sea World

La Summer Mixtape de Villeneuve se télécharge ici, l’image qui illustre ce post est tirée du Days of Heaven de Terrence Malick.

Merci pour tout, bonne écoute, à bientôt.

Villeneuve (à gauche sur la photo) vient de sortir un nouvel album au beau titre poétique, Dry Marks Of Memory.

Je lui ai envoyé cinq questions par mail. Voici ses réponses.

A quoi pensais tu en faisant ce disque ?
Au départ je pensais aux vieux albums des années 60/70, au plaisir que ça doit être d’enregistrer des chansons "classiques" avec de bons musiciens en live dans une grande pièce. Chose que je n’avais pas pu réaliser sur mon premier album. Chose qu’on entend de moins en moins. Chose qui disparaît peu à peu avec la chute parallèle des antiques studios et de leurs pièces à l’empreinte sonore identifiable. Cette nostalgie m’a fait réagir et focaliser mon énergie sur une ambition : Enregistrer mes chansons en live, avec les musiciens qui me suivent depuis le début. Le point de départ est là. Conjuguer le passé, ce qu’il en reste, et l’adapter à mon présent. Les morceaux tirent tous plus ou moins  vers un contraste de cet ordre.

Comment décrire ta musique ?
Je ne sais pas. Je la voudrais riche, aussi bien en émotions qu’en musicalité. Que l’écriture ne soit pas le parent pauvre de la production et inversement. Qu’on puisse à la fois chanter les mélodies sous la douche, faire écouter telle chanson à sa tante tout comme à son cousin qui n’écoute que des groupes inconnus, qu’on passe dans la même chanson des guitares acoustiques aux synthétiseurs analogiques, de l’intimité au lyrisme… Peut être que mon problème est que je n’aimerais pas qu’on y colle une étiquette trop facilement. Alors voilà. C’est de la pop, moderne. Ou alors je suis comme le MODEM, je prends un peu à gauche, un peu à droite, mais au moment de choisir on ne sait pas s’il faut aller me trouver au rayon electro, indé ou variétés internationales. Et ça me plaît bien ce flou. De la pop de chambre symphonique, des personnages isolés dans un paysage…

Quelle couleur a-t-elle ?
Elle a la couleur et l’effet du "Green Ray".

Quelle photo la represente le mieux ?
Une série de photos réalisée par Hipgnosis pour l’album "Presence" de Led Zeppelin. C’était d’ailleurs la principale référence que j’avais donné à Laurent Fétis et Elisabeth Arkhipoff qui on travaillé sur ma pochette. Qui n’a finalement rien à voir mais qui est très réussie. Pour "Presence" il y a ce mini monolithe à la 2001 disposé au milieu de scènes de la vie quotidienne des américains des années 50… C’est simple, mystérieux, très évocateur, moderne et classique, élégant, perturbant.

Quels sont tes disques de chevet qui éclairent le mieux ton album ?
- "Another green World" de Brian Eno, avec un morceau comme "The Big Ship" qui m’a profondément marqué. Ces rythmiques ternaires, pas loin de l’Afrique, avec les synthés et guitares en nappes mélodiques on ne peut plus occidentales…
- "Eureka" de Jim O’ Rourke, pour cette réussite totale entre chansons et textures electronica, liberté formelle et accessibilité, l’émotion et la distance, la dynamique sonore…
- "After The Goldrush" de Neil Young
- Le morceau "Echoes" de Pink Floyd

Villeneuve est en concert le 1er avril (ce soir) à la Flèche d’or à Paris : www.myspace.com/villeneuvemusic

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