Archives de Tag: Stellar Om Source
J’écoute Trilogy Select de Stellar Om Source
Je pars au Texas avec JD Emmanuel et Stellar Om Source
J’aurais tant aimé être là pour Stellar Om Source
"Comment les siamois gèrent-ils leur vie amoureuse ?" (Playlist)





Finalement trouvé le temps de passer dans un nouveau magasin de disques parisien, Le Souffle Continu, qui m’a totalement bluffé. Rien à voir avec les petits endroits étriqués ou trop étroits. Ici, il y a de la place, de la lumière et, surtout, beaucoup de disques et j’en ai trouvé bien plus que je pouvais me permettre d’acheter. Les deux tauliers sont sympathiques, de bon conseil et leur magasin ressemble un peu à l’équivalent physique du magazine The Wire, mixé avec un brin de Mojo et pas mal d’indie rock. J’y ai trouvé les quatre premiers disques de cette liste. D’abord, un album de Roedelius (membre de Cluster, Harmonia et Kluster) que j’avais envie d’écouter depuis longtemps et tout juste réédité (le disque vient d’avoir 30 ans…) : une écoute rapide le met dans la catégorie la plus légère et romantique, rêveuse, des disques de Roedelius. A la maison, les filles n’ont pas apprécié, mais je crois avoir bien aimé les sonorités d’après-midi tranquille de ce disque aux airs mélancoliques. Plus brut, le disque de Ginnungagap (projet de Stephen O’Malley de Sunn))), KTL, etc.) est un de ces albums électriques dont on ignore s’ils sont fabriqués avec la matière des rêves ou celle des cauchemars. L’ensemble est enregistré en concert, avec une face plutôt méditative et l’autre plus lourde et dense. Ce qui évoque la construction d’un disque fait à trois : la très belle collaboration entre Ashtray Navigation, Family Battle Snake et Stellar Om Source, enregistrée à Leeds (pas précisément le lieu le plus idéal pour trouver des fous de psychédélisme électrique bourdonnant). Deux faces, dont une vraiment magnifique – ou en tout cas qui parle directement aux neurones grillées de mon cerveau, les faisant doucement flotter comme si elles n’allaient jamais s’éteindre. Aucune indication sur la pochette, à part ce petit oiseau rouge sur fond blanc. Après recherche rapide, le disque aurait aussi d’autres pochettes et s’intitulerait "How Do Siamese Twins Arrange Their Love Lives ?" – une question que Sarah C. évoquait d’ailleurs l’autre jour, la veille de trouver ce disque. Jolie coïncidence. Enfin, si vous n’arrivez pas à dormir ces temps-ci, ou si vous êtes en vue de retrouver une voie perdue ou une maison abandonnée, je ne peux que recommander l’écoute de deux albums de milieu de nuit. D’abord, un disque de MV & EE (sans leur groupe électrique, juste en duo). Enregistré live, on y entend une reprise d’un de mes morceaux préférés, Freight Train d’Elisabeth Cotten et une suite assez magique de morceaux du duo où l’on distille des mélopées de pluie, de routes infinies, de mythes ruraux, de fantômes naissants, de rencontres électriques dans des forêts de légende. C’est délicat, fragile, sincère. Tout comme l’album (apparemment sorti en 2006) de Susan Alcorn, qui comporte un titre splendide, And I Await The Resurrection of the Pedal Steel Guitar (mais lui, je l’ai trouvé chez Bimbo Tower). Fabriqué, comme tissé même, grâce à une Pedal Steel Guitar, cet album ne comporte pas des chansons, ni des morceaux, mais des fragments de musique, des fragments sacrés, qui évoquent la manière dont Loren Connors utilisait sa guitare il y a trente ans : pour invoquer un Dieu forcément inexistant. Mais, ici, dans chacun de ces disques, c’est l’invocation qui compte.

