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Stefan_Jaworzyn_-_Eaten_Away_By_Shadows

Philippe Robert alias Merzbo-Derek m’a envoyé une liste de ses disques écoutés en 2013, avec un petit texte d’intro, que voici : « J‘ai du mal à réduire l’année à une poignée de disques. Il y en a tant que j’ai écouté et aimé…. 2013 aura surtout été pour moi l’année des révélations. En ce qui me concerne, désormais, c’est une certitude, Jandek, Keiji Haino et Richard Youngs rejoignent le cercle des très grands, aux cotés des Sun Ra et Albert Ayler. Et je serais presque tenté de rajouter The Dead C, face à l’excellence de leur discographie. Voilà, en vrac, ce qu’il me reste de 2013…« 

Surtout :

Simones, 20th Anniversary, Headspin

K-Salvatore, The Kermes Infestation, Planam ; 3X8″ Lathe Art Edition, Planam

No-Neck Blues Band, Gitanjali, Ri Be Xibalba

Stefan Jaworzyn, Eaten Away By Shadows, Shock

Jandek, The Song Of Morgan, Corwood ; Richmond Sunday, Corwood ; Athens Saturday:

Waiting To Die, Corwood

Arthur Doyle, In Solo, 8MM

Debt of Nature, Order: Spoil The Entire State, Harbinger Sound

Karel Goeyvaerts, Pour que les fruits mûrissent en été, Cacophonic

Ruth White, Flowers Of Evil, Black Mass Rising

Anton Heyboer, Rules Of The Universe, Kye

Body/Head, Coming Apart, Matador

Joshua Burkett, Footnote(s), Ultra Eczema

Gate, Moths, Dilettante Courtoisie

Marginal Consort, INSTAL, Glasgow 2008, Pan

The Garbage & The Flowers, Eyes Rind As If Beggars, Bo’ Weavil Recordings

Malkuth, Hathir Sakta, Kelippah

Tom Carter & Pat Murano, Tom Carter & Pat Murano, Kelippah

Rashad Becker, Traditional Music Of Notional Species Vol. 1, PAN

Les Conversions, Les Conversions, Kelippah

Raajmahal, Raajmahal, Kelippah

Vomir, Les Escaliers de la cave, Décimation Sociale

Various Artists, Luk Thung, Classic & Obscure 78s from The Thai Countryside, Dust to Digital

Various Artists, Deep Funnels Of Entry, A Twisted Village Compilation, Shock

High Speed & The Afflicted Man, Get Stoned, Ezy, Guerssen

Full Moon Ensemble, Crowded With Loneliness, Superfly Records

Richard Youngs, Barbed Wire Explosion In The Kingdom Of Atlantis, Sonic Oyster

Vinyl ; Inceptor, Volcanic Tongue ; Regions Of The Old School, Mie Music

Brunhild & Luc Ferrari, Contes sentimentaux, Shiiin

Factrix / Cazazza, California Babylon, Superior Viaduct

Various Artists, Greek Rhapsody, Instrumental Music From Greece 1905-1956, Dust to Digital

Various Artists, Longing For The Past, The 78 rpm Era In Southern Asia, Dust to Digital

Wolf Eyes, No Answer : Lower Floors, De Stijl

Jim Sauter & Kid Millions, Boanerges, Doubtmusic

Gol / Ghédalia Tazartès, Alpes, Alga Marghen Planam

Gol / Mik Quantius / David Nuss, Bruxelles, Alga Marghen Planam

Scorched Earth Policy, Going Thru’ A Hole In The Back Of Your Head, Siltbreeze

The Dead C, New Electric Music, Language Recordings; Armed Courage, Badabing Records

Keiji Haino / Jim O’Rourke / Oren Ambarchi, Now While It’s Still Warm Let Us Pour In All The Mystery, Black Truffle

Nate Wooley / C. Spencer Yeh / Audrey Chen / Todd Carter, NCAT, Monotype

Human Expression, Love At Psychedelic Velocity, Mississippi Records / Moi J’connais Records

Keserbai Kerkar, Keserbai Kerkar, Mississippi Records

Puis :

Ed Askew, For The World, Tin Angel

Rob Jo Star Band, Rob Jo Star Band, Born Bad Records

Vox Populi!, Half Dead Ganja Music, Pacific City Sound Visions

Flamen Dialis, Symptome Dei, Papaaver Records

L’Autopsie a révélé que la mort était due à l’autopsie, Le Souffle de l’avorton, Chienne Secrète

Sunny Dunes, Superfluere, Seconds Records

Yong Yandsen, Disillusion, Doubtful Sounds

Sister Iodine, Blame, Premier Sang

Thurston Moore & Loren Connors, The Only Way To Go Is Straight Through, Northern Spy

Chie Mukai & Che Chen, 2.23.11, Black Pollen Press

Maciunas Ensemble, The Archives Part 1, 1968-1980, Het Apollohuis

MV & EE, Meets Snake Pass & Other Human Conditions, Singing Knives

Chris Corsano & Bill Orcutt, The Raw And The Cooked, Palilalia

Borbetomagus, Trente belles années, Agaric

Roro Perrot, Musique vaurienne, Décimation Sociale

Yves Botz & Roro Perrot, Saboteur, Décimation Sociale

Billard/DjpP, Le Nouveau retour des vieux, Potlatch Prod.

Happy Days, Scum Yr Earth

La Morte Young, La Morte Young, up against the wall, motherfuckers!

The Charles Gayle Trio, Look Up, ESP

Juma Sultan’s Aboriginal Music Society, Whispers From The Archive, Poter Records

William Parker, Wood Flute Songs, Aum Fidelity

Evan Parker / Barry Guy / Paul Lytton, Live At Maya Recordings Festival, NoBusiness Records

Sabir Mateen / Sirone / Andrew Baker, Infinite Flowers, Sagittarius

Giuseppi Logan, …And They Were Cool, Improvising Beings

Roscoe Mitchell / Tony Marsh / John Edwards, Improvisations, Otoroku

Melodic Art-Tet, Melodic Art-Tet, NoBusiness Records

Tresspass Trio + Joe McPhee, Human Encore, Clean Feed

The Group, Live, No Business Records

Revolutionary Ensemble, Counterpoints, Mutable Music

Merzbow, Lowest Music & Arts 1980-83, Vinyl On Demand

New York Art Quartet, Call It Art, Triple Point Records

Daniela Casa, Societa Malata, Penny Records

Overhang Party, Complete Studio Recordings, Important Records

Craig Leon, Nommos, Superior Viaduct

The Velvet Underground, Sweet Sister Ray, No Label

La Monte Young, Marian Zazeela & The Dream Syndicate, La Monte Young, Marian Zazeela & The Dream Syndicate, No Label

La Monte Young & The Theatre of Eternal Music, Raag Bhairava, No Label

Terry Riley & Don Cherry, Live Koln 1975, No Label

Perception, Perception 1972-1973, Great Winds

David Tudor, The Art Of David Tudor (1963-1992), New World Records

Anonymous, Inside The Shadow, Machu Picchu

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Si vous ne connaissez pas le Souffle Continu, mais que vous passez du temps sur ce blog, vous ratez quelque chose : l’endroit est un des trois ou quatre magasins de disques encore essentiels à Paris. On y trouve une belle sélection et les recommandations de haute volée des deux patrons, Théo et Bernard. Comme l’an dernier, ils m’ont envoyé la liste de leurs disques de l’année écoulée, que voici, pleine de découvertes :

Tim Hecker – Ravedeath 1972 (Kranky)

Henry Flynt – Glissando no.1 (Recorded)

Evangelista – In animal tongue (Constellation)

Lubomyr Melnyk – The voice of trees (Hinterzimmer records)

Charalambides – Exile (Kranky)

Daunik Lazro – Some other zongs – (Ayler records)

Master Musicians Of Bukkake – Totem three (Important)

Winter Family – Red sugar (Ici D’ailleurs)

Hedvig Mollestad Trio – shoot ! (Rune Grammofon)

Philip Corner – Malcolm Goldstein – Pieces from the past: by philip corner for the violin of malcolm goldstein (Pogus)

Mika Vainio – Life ( … it eats you up) (Editions Mego)

Fire ! with Jim O’rourke – Unreleased (Rune Grammofon)

Ghedalia Tazartès – Works 1977-79 (vinyl on demand)

Kieran Hebden – Steve Reid – Mats Gustafsson – Live at the south bank (Smalltown Superjazz)

Steve Dalachinsky & The Snobs – Massive liquidity (Bam Balam)

Haunted House – Blue ghost blues (Northern Spy)

Matana Roberts – Coin coin chapter one – gens de couleur libres (Constellation)

Dome (bruce gilbert – graham lewis) – 1-4+5 (Editions Mego)

Anne-James Chaton – événements 09 (Raster-Noton)

Michel Henritzi – walking in the shadow (Nothing Out There)

J’ai rencontré le label Optical Sound au détour d’un paquet reçu par quelqu’un d’autre, il y a un peu moins de dix ans, aux Inrocks. Dans le pli, un disque sur la dreamachine de Brion Gysin, qui m’a tout de suite interpellé. Depuis, je suis le label de près et toujours fasciné par la manière si élégante qu’il a d’agencer visuels et musiques, d’inventer des pochettes qui donnent envie de se mettre à la musique. Pour y voir plus clair et faire découvrir le label aux lecteurs de ce blog, qui pourraient bien y trouver leur compte, j’ai demandé à Pierre Beloüin de répondre à 3 questions (ci-dessous) et faire une mixtape à partir de morceaux sortis sur Optical Sound. A lire, écouter, télécharger par ici. Joyeux Noël !

Comment est né Optical Sound et comment le label évolue-t-il ?
Le Label est né en 1997 alors que j’étais encore étudiant aux Beaux-Arts de Paris et membre fondateur de la galerie Glassbox. La toute première édition sous la référence OS.000 en 1998 est un vinyl 33T limité à 100 ex, « Programme Radio » (1). Il a été réalisé en duo avec Rainier Lericolais et conçu pour s’intégrer dans une de mes installations intitulée « Optical Sound » (The tower) (2). Le label continue à se developper depuis cette date et compte à présent une soixantaine de références prenant la forme d’objets sonores, cd, vinyls, dvd, journaux, sérigraphies, installations…

Le nom est-il une ligne directrice ?
Le nom est en effet une ligne directrice. Il se réfère à la piste sonore optique des films 16 ou 32 mm, celle que l’on voit à l’œil nu. J’aime beaucoup faire référence au terme de « cinéma pour l’oreille », utilisé par le label Metamkine, et qui correspond bien à la notion d’images mentales générées par une écoute, une matière sonore : un film libre en quelque sorte.
Dès le départ, l’optique était de renforcer les liens entre musiques et arts plastiques (qui existent bien sûr déjà depuis le début du siècle). A la création du label, la notion était encore nouvelle en France vu les cloisonnements entre les disciplines ; le mot transversalité apparaissait à peine.
Les concerts dans les musées ou les travaux sonores avec des plasticiens étaient assez rares. On n’en parlait quasiment pas en écoles d’arts et de ce fait je me sentais assez isolé dans ma pratique qui pourtant se référait à différents courants artistiques existants.
J’avais pour habitude de citer de manière concrète Andy Warhol pour le Velvet Underground et Mike Kelley pour Sonic Youth. Si je trouvais écho, je développais…en précisant que j’étais venu aux arts plastiques par la musique et que les deux s’inter-nourrissaient à mes yeux.
J’ai toujours été un peu irrité par les tentatives de plasticiens à faire de la musique ; je préfère à présent parler tout simplement de musique plutôt que de plastique sonore… Ils sont en effet très rares à maîtriser les deux pratiques, et sans cela, on va généralement à la catastrophe, la forme peu aboutie prenant le pas sur le concept.
Dans propre pratique, je préfère faire appel à des musiciens aguerris pour réaliser les bandes sonores de mes projets artistiques, plutôt que de bidouiller moi-même; car pour bien faire je ne vois pas d’autres solutions que d’y travailler sans relâche pendant une année entière au moins. C’est la même chose pour le design graphique : on ne peut prétendre à tout maîtriser. D’où mes collaborations avec Olivier Huz ou P. Nicolas Ledoux (3).
Mon optique est donc de travailler en synergie et équilibre avec ces corps de métier et collaborateurs directs, comme le ferait un directeur artistique au sens premier et noble du terme. La sainte trinité sur une même ligne décisionnaire donc : producteur, graphiste, musicien. Le choix d’une équipe pour un projet n’est jamais innocent et je dois dire que jusqu’à présent l’émulsion a toujours fonctionné !

La musique du label a-t-elle toujours un lien avec les images ?
La musique éditée par le label n’a pas toujours un rapport direct avec des images ; elle peut aussi se rapporter à des situations, des thématiques, des textes, films, expositions, courants artistiques etc.
Ce sont avant tout des choix qui correspondent à mon univers musical et mental, un alliage de tout ce que j’ai pu voir, lire, sentir et écouter et que je continue à découvrir aujourd’hui. Je donnerai donc plutôt une ligne directrice qui m’est propre à travers ces objets sonores qui sont en quelque sorte des petites sculptures en série, un projet artistique à part entière.

Quels sont les artistes et disques les plus représentatifs du label ? Et quels musiciens aurais-tu aimé signer ?
Rétroactivement pour moi les disques et les artistes les plus représentatifs du labels pourraient être Rainier Lericolais, Norscq, Simon Fisher Turner
Ou encore ceux présents sur les compilations thématiques comme Music For Dreamachine, Next To Nothing, Echo Location, RVB~Transfert, Awan~Siguawini~~Spemki~~~. A eux seuls, ils pourraient situer un univers à première vue disparate mais qui à mes yeux forme un ensemble cohérent même si éclectique. Cette impression de différentes textures et courants musicaux traité est bien réelle ; elle est évidemment à double tranchant pour le public ainsi que pour les distributeurs et les diffuseurs, qui ne vont pas distinguer de prime abord une ligne directrice s’ils ne se donnent pas la peine donnent pas la peine d’en explorer le contenu. Et je suis plutôt contre les niches musicales ou les étiquettes…
Après tout pourquoi se contraindre à sortir un seul type d’artistes ? je ne mange pas tous les jours le même plat et je m’intéresse à une multitude de choses, sinon quelle lassitude ! Je n’ ai pas de plan commercial et je ne cherche en aucun cas à me calquer sur les gros labels bien identifiables pour produire un seul type de sujet.
Pour ta dernière question, si je n’ai pour le moment qu’un regret c’est de n’avoir pas pu sortir un disque de COIL.

Quelles sont tes sorties du moment et comment le label (su)rvit-il dans l’état actuel de la musique que tout le monde dit désastreux ?
Parmi les dernières sorties on trouve un coffret triple CD de Simon Fisher Turner autour des bandes sonores qu’il a pu réaliser pour Derek Jarman. Ce coffret s’intitule « Super 8 », avec la collaboration de Terre Thaemlitz, The Elysian Quartet, le projet est lié à l’importante exposition qui a eu lieu à la Julia Stoschek Foundation à Düsseldorf.
Il y a également le projet global de l’artiste David Michael Clarke intitulé Postgods avec la participation d’ Emmanuel Hubaut, la pièce sonore d’ Hervé Birolini « Trame », et d’autres projets à venir pour 2012.
Début décembre j’ai par ailleurs programmé une série de concerts radiophoniques dans la salle historique de l’Aubette 1928 à Strasbourg avec Radio en construction et l’Ososphère , des structures avec lesquelles je collabore régulièrement. (4)
Ces concerts des Wild Shores, Eddie Ladoire et Mathias Delplanque, composés pour l’occasion, étaient proposés dans la salle du ciné-bal en résonance avec l’exposition du MAMCS « L’europe des Esprits ». Nous avons en parallèle installé dans la salle des fêtes un juke box Rock-Ola des années 50 qui diffusait une commande de trois pièces sonores réalisées par les Ultra Milkmaids, Norscq, Thierry Weyd, et gravées sur 45T
Ces modalités de diffusion m’intéressent depuis longtemps et sont une manière d’enrichir le plaisir de l’écoute, tout en créant une alternative aux simples concerts conventionnels. Nous avons par exemple organisé des live sur des bateaux mouches toujours à Strasbourg sous le nom d ‘ « Echos Flottants » ; ou encore dans le cadre de mon travail de plasticien, une performance intitulée « Str Crsh » (5) dans le parking du MAMCS où était diffusé une création sonore sur les auto-radios de sept Austin Healey.
Concernant le marché du disque, il est en effet catastrophique (comme bien d’autres). Il faut aussi noter que cet état de fait général, crié sur tous les toits, finit en fait par influencer et modeler la manière de penser et de consommer du public.
Optical Sound a commencé à sortir des disques à la fin des années 90 alors même que ce marché commençait tout juste à s’écrouler avec l’apogée du CD puis ensuite des formats numériques, un nivellement vers le bas de la compression sonore tout d’abord et un accès illimité (pour le pire et le meilleur) à la grande banque mondiale sonore.
Ce que je constate surtout c’est le manque de désir, symptomatique au regard de la profusion et de la facilité d’accès…Je me réjouis donc d’un potentiel assèchement…Nous y verrons tous plus clair ! Optical Sound est quasi entièrement auto-géré, et seules mon énergie, ma motivation et celles des artistes, conjuguées aux rares soutiens des institutions et des centres d’arts, font que nous persistons ! Si je dois produire des disques pour trois personnes, je le ferais.

La mixtape est à télécharger par ici
et voici son tracklisting :

01-TSÉ : « Pelicular Noise Loop »
/ From La Ralentie (OS.028)

02-OLIVIA LOUVEL : « The New Blonde »
/ From Lulu In Suspension (OS.027)

03-NORSCQ : « Il est étrange de voir à quel point les gens sont disposés à se laisser abuser par les apparences magiques de l’art »
/ From Gelatinosa Substancia (OS.029)

04-el TiGeR CoMiCs GRoUP : « 59 to 1″
/ From V/a : Next To Nothing (OS.016)

05-NORSCQ (+Black Sifichi) : « Blue Haunted House »
/ From V/a : Awan~Siguawini~~Spemki~~~ (OS.023)

06-CLAIR OBSCUR : « Mon Ami Mon Frère »
/ From We Gave a Party for the Gods and the Gods all Came (OS.050)

07-THE GARÇON : « Couche Tard »
/ From The Garçon (OS.020)

08-RAINIER LERICOLAIS : « 01.10 »
/ From Courrier Electronique (OS.001)

09-SCANNER : « (Special Treatment For The) Family Man »
/ From V/a : Next To Nothing (OS.016)

10-WILD SHORES : « The Cage »
/ From V/a : Next To Nothing (OS.016)

11-RAINIER LERICOLAIS : « 00.25 »
/ From Courrier Electronique (OS.008)

12-EHB : « Time Square 01.01.00″
/ From V/a : Music For Dreamachine (OS.002)

(1)http://www.optical-sound.com/releases/os.000.php

(2)http://documentsdartistes.org/artistes/belouin/repro5.html

(3)http://www.pbnl.fr/ & http://www.huz-bosshard.com/

(4)http://www.optical-sound.com/A-CommuniquedepresseAubettedec2011.pdf

(5) http://documentsdartistes.org/artistes/belouin/repro1.html

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Pas simple, cette année, de faire une liste : parce qu’il y a plus de disques ? Parce qu’il y a moins de temps ? Ou parce que l’impression très partagée que la musique n’a plus la même valeur qu’avant, fait qu’on ne sait plus trop s’il est important de revenir sur 2011, de se souvenir. Tandis que tout le monde campe sur ses positions, pop à outrance par-ci, dubstep à fond par là, éternité du rock au centre, il semble tout de même que 2011 aura marqué par son tourbillon, au centre duquel on retrouve quelques disques de fiction (on parlait déjà l’an dernier des fictions soniques qui s’imposent de plus en plus à ceux qui veulent encore faire des albums – et tenter d’en vendre – le faux disque 70’s signé Jürgen Müller est, en ce sens, fabuleux) et pas mal de choses inédites, qui tentent de reconfigurer des matières passées pour leur faire raconter de nouvelles histoires (Leyland Kirby d’une façon, Dirty Beaches, d’une autre, en réinventant le rockab no wave des Cramps et Suicide dans un espéranto contemporain) – Au fond, 2011 aura fourni un embarras des choix, nous embarrassant donc avec des disques qu’il est devenu compliqué de classer. En voici donc une liste sans véritable hiérarchie, avec quelques oublis, certainement. Et pour ceux que cela intéresse encore : en concert, deux groupes ont été bouleversants – Barn Owl à Mains d’Oeuvre en mai, puis Tropic of Cancer, deux soirs de suite, fin octobre, début novembre. Mais aussi, avec la distance, l’apparition de Dirty Beaches au Midi festival dans les jardins de la Villa Noailles, maison qui aura bien marqué l’année, au moins par ici. Enfin, si l’on devait suivre des labels, plutôt que des artistes, allez voir chez De Stijl (impeccable), Desire (implacable), Not Not Fun (toujours), Pan, Blackest Ever Black (pas mieux, dans le genre bambin surdoué), Tri-Angle & la Station Radar… Envoyez vos listes dans les commentaires, si vous en avez (envie).

Dirty Beaches – Badlands
Tropic of Cancer – the end of all things
Heatsick – Intersex
Le Révélateur – Fictions
Kode9 & Spaceape – Black Sun
The Caretaker – an empty bliss beyond this world
Blues Control & Laraaji – That Healing Feeling
Jürgen Müller – science of the sea
Stare Case – Lose Today
Minizza – Hôtel Monterey
Expo 70 – Inaudible Bicoastal Trajectory / Where Does Your Mind Go
Jakob Olausson – Morning and Sunrise
Sun Circle – Lessness
Messages – After Before
Felicia Atkinson – o-re-gon
Rangers – pan am stories
Julianna Barwick & Ikue Mori – frkws 6
Laurel Halo – Hour Logic
Borden, Lopatin, Ferraro, Halo, Godin – frkws 7
Hive Mind – Elemental Disgrace
Barn Owl & the Infinite Strings Ensemble -
Raime – Hennail
Oneohtrix Point Never – Replica
High Wolf – Atlas Nation
Floating points – Shadows
The Alps – Easy Action
Rayographs – Rayographs
Maria Minerva – Cabaret Cixous
France – France
Kira Perov – Sunny Dunes
Popol Gluant – Piano Solo
Jonathan Fitoussi – Pluralis
Ela Orleans / Dirty Beaches – split
Wet Hair – In Vogue Spirit
Peaking Lights – 936

+ mention spéciale : Sunn O))) Agharti Live 09-10

Quelques années déjà que je suis le travail de Winter Family, dont j’aime la formation fondée autour de trois éléments saillants : un orgue, une batterie minimale, un chant entre la psalmodie et la narration. Le groupe a déjà plusieurs disque sà son actif, mais son tout récent Red Sugar est sans doute son plus intense, dont il est difficile d’arriver au bout ou à bout, avec ses voyages intérieurs entre plusieurs terres, plusieurs peuples, entre ici et Israël, entre là-bas et la Palestine ou les Palestiniens. L’orgue (un Phillicorda, me dit-on) m’intéresse, au-delà de ce que raconte la musique, par sa présence très équilibriste, entre religiosité et drone, classicisme et salissures, planant un instant, évoquant un psychédélisme désenchanté ensuite et enluminé par la batterie, qui, dans ses moments les plus bruts fait écho au battement de Moe Tucker. J’ai contacté le groupe pour  demander (ils sont deux, Ruth et Xavier) une liste de disques ayant un orgue pour instrument central et qui auraient inspiré leur son. Mais, ils m’ont répondu d’une façon oblique, qui me plait toujours en m’envoyant une liste de disques qu’ils ont écouté, qui ont été marquants, tout en disant qu’ils n’écoutent plus de musique et que la musique ne les influence pas. Voici la liste de chacun des deux :

La liste de Ruth, en anglais : 

Beatles/Love is all you need – the first cassette on the age of 9 given to me by my cousin. together we passed the time counting how many time they sing ‘all you need is love’.
Dead Kennedys/Fresh fruit for rotting vegetables – with his low voice and witty texts, Jello Biafra came to my life when i was 13, and changed everything….
Joy Division – Love will tear us apart – 
Foetus / Hole – and all the rest of J.G Thirlwell’s projects (Wiseblood especially) – gave me a whole world opportunities or as he put it better : ‘i’ll meet you in poland baby’
Sugar Cubes/ Life’s too good - which i can still enjoy and dance to always.
Requiem of Mozart - in my ears walking in the old city of jerusalem with the drama in my head and in front of my eyes and imagining how to get out of this beautiful city
Tricky/Maxinquaye  - best 90’s time for me and best live show
John Coltrane – A love supreme - music that is a pray and that is taking you elsewhere, far away
Stevie Wonder/ Songs in the key of life - full of love and light, the father and pure fun.
Umm Kulthum/ Enta Omri - she touches my middle eastern soul

La liste de Xavier, en français : 

thriller / michael jackson : la rentrée en CM2…on avait tous la cassette, on l’emmenait pour l’admirer, on dansait dans la cour, imitait les pas de dingue, c’etait de la folie, on connaissait les paroles par coeur…les ecoles primaires de lorraine etaient retournées par Michael en cette rentrée. Quincy Jones, ca marche toujours, notre fille de 4 ans est fan.
relics / pink floyd : syd barrett a été une vraie révélation à 10 ans. le génie total = sa musique + son pas de retrait définitif. interstellar overdrive ou astonomy dominé sont tout de meme incroyables et ses ballades de purs joyaux.
fatigué / renaud : j’ai écouté le morceau ‘fatigué’ 1500 fois en hurlant ‘fatiguééé’ dans ma chambre avec mon poste vert en métal.
orgasmatron & rock’n roll / motorhead
: le college…Lemmy et sa petite troupe de musiciens hells et leurs épouses cuirassées, cloutées et permanentées dans le parc de Gentilly à Nancy, à 16h, jour de concert, en train de picoler chacun sa bouteille de Jack au pied d’un arbre. la classe intégrale, une lecon de choses. et cette phrase essentielle :  « common babe eat the RICH »
bach / variations goldberg par glenn gould (version 1981) : le rapport ultime entre un cerveau, un doigt, un marteau et une corde. inhumain. le rapport absolu entre un compositeur, un instrument et un interprete. inhumain. au-delà.
beastie boys / check your head : le talent enervant des juifs de brooklyn, une bombe. en live c’etait bien aussi.
stravinsky / satie
: 2 merveilles aux antipodes.
godflesh / street cleaner
: leurs concerts étaient une expérience physique entre 89 et 91. leurs boite à rythme monstreuse, la basse apocalyptique, le rapport guitare-voix viscéral et abrasif…duo fantastique. apres 91 ils ont embauché un batteur et c’etait moins bien.
the magic sound of Fenn O’Berg / Fenn O’Berg
: 3 cerveaux-sensibilités complémentaires + 3 ordis en réseau. le point final à la laptop music peut-être.
$O$ / die antwoord :
le projet des années 2010. tout y est fantastiquement actuel : le son, le flow, l’attitude, l’esthetique, la langue, le degré, leurs gueules et l’urgence surtout. Une espece d’antidote à sarkozy-hollande, au developpement culturel et à montreuil-rue89.

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