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C’est sans doute le seul album de la période seventies de Brigitte Fontaine que je n’avais jamais vraiment eu l’occasion d’écouter. L’autre jour, en trouvant une réédition récente, je me suis dit qu’il fallait y jeter une oreille, pour savoir. Et dès les premières notes, j’ais u que ce serait là mon disque préféré de Brigitte, avec Comme à la Radio et Vous & Nous. Il y a dans ces morceaux, et leurs arrangements tout en enluminures discrètes, contenues en elles-mêmes, quelque chose d’étrangement et élégamment tendu. Parfois, des notes de piano électrique donnent à l’ensemble un air de modernité céleste, qui catapulte cet album de folk minimal vers un ailleurs imperceptiblement électrique. A l’écoute, se dévoile une sorte de déchirure temporelle, un moment tout à la fois ancré dans les années 70 et tout à fait ailleurs. Un moment de rémission calme. Quelques heures auparavant, je ressentais cette même idée de temps qui se déchire en écoutant l’album Y de The Pop Group. Voilà un disque riche, tout en fragmentations et en déflagrations. Issu du punk, du post-punk, Y (1979) est nourri de milliers d’influences mais demeure abrasif, d’un bout à l’autre. Parfois surgissent, là aussi, des notes de piano mais qui sonnent comme des éclairs déchirant la bande magnétique pour mieux mener au morceau final. Celui-ci, We Are Time, est un morceau de bravoure qui tournoie, se réverbère, se laisse noyer dans des échos déchirés, retombe se fracasser contre un sol rugueux avant de s’expulser à nouveau, mené par la voix cathartique de Mark Stewart, démoniaque et touchant en diable. Difficilement trouvable, j’ai réussi à en dénicher un exemplaire en vinyle, en attendant de tomber sur l’intégralité des rééditions CD de Pop Group : vu les pochettes abyssales du groupe, mieux vaut avoir ses disques plutôt que les télécharger – on apprend beaucoup en les scrutant.

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