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Culture of Pink est épuisé, déjà. Mais on peut l’écouter ça ou là sur le net. Cuture of Pink ? l’album , dernier en date, de Cankun, sorti par Hands In The Dark, dont la pochette, skate & palmiers & géodésie, est ci-dessus. Pour en parler, Cankun a répondu à quelques questions et, aussi, fait une mixtape.

Quelle a été la genèse de Cankun ? 
Disons que j’avais surtout l’impression d’avoir donné tout ce que je pouvais donner en matière de musique expérimentale. J’ai sorti énormément de disque, je voulais changer et aller vers une musique plus rythmée, plus proche d’un format pop…C’était le point de départ.

Comment penses-tu tes disques ? Comment les composes-tu ? 
La plupart des morceaux naissent d’un rythme. C’est ce qui me guide principalement. Qu’il soit emprunté à quelqu’un d’autre ou créé, je greffe les éléments mélodiques par la suite. J’adore ce travail de recherche rythmique, c’est vraiment captivant. Je me rends compte seulement aujourd’hui de la puissance psychique que peut apporter un beat sur la façon de concevoir la musique.
Ensuite pour Culture of Pink, j’avais dans l’esprit de mêler des rythmes free jazz, dub et autres à une musique pop instrumentale, rajouter de l’organique et sortir du coté boite à rythme. Du coup je suis allé piocher des rythmes à droite à gauche, dans mes influences. Mais les limites technique du DIY m’ont empêché d’aller aussi loin que j’aurais aimé…J’ai mis en tout 6 à 7 mois à finir le disque, ce qui est très long pour moi. Mais au final j’avais l’impression d’avoir fait un disque cohérent, c’est ce dont je suis le plus fier.

Les instruments que tu utilises : quels sont-ils ? Et en quoi déterminent-ils ta musique ? 
Je pense que ça s’entend pas mal, mais je suis avant tout un guitariste. Je peux difficilement ne pas mettre de guitare dans un morceau. Je suis un musicien, c’est surtout ça qui est important. Je ne veux pas me cacher derrière des machines. C’est un choix pas une critique. Du coup Cankun est, je pense, marqué par le son de la Jaguar de Fender, qui est vraiment une guitare exceptionnelle, je pourrais en parler des heures. J’en ai essayé énormément, mais j’ai su très rapidement qu’elle ne me quitterait plus. Le son est incroyable et il le serait encore plus si mon home studio était plus performant.
Après il est clair que le matériel a une énorme influence sur la créativité…J’ai acquis un synthétiseur à la fin de l’enregistrement de Culture of Pink ce qui m’a permis, je pense, d’enrichir le son de certains morceaux. C’est d’ailleurs paradoxalement frustrant et grisant. Après je n’aime pas passer énormément de temps à bidouiller sur l’ordinateur etc, je cherche surtout beaucoup de spontanéité, de naïveté, de liberté, quitte à faire des choses moins intéressantes.

Sur Culture of Pink, ton dernier album, des morceaux comme Soul Brothers sont très influencés par le reggae et le dub : quel est ton rapport à cette musique ?
J’ai effectivement utilisé un sample de reggae sur Soul Brothers provenant d’un morceau d’Augustus Pablo que j’aime énormément. Après une fois de plus ce qui m’intéresse, surtout dans le dub, est l’approche du rythme. L’hypnose quoi. Après je n’ai pas forcément envie d’aller plus loin dans cette voie, plus d’intégrer quelques petites touches par ci par là comme l’a fait Tortoise, Jah Wobble etc…

Quels ont été les disques / artistes / musiciens importants pour ta musique ? As-tu l’impression de faire partie d’une scène ? En France ou ailleurs ? 
Je vais encore me répéter, on va croire que je suis fixé sur ça, mais je pense que Tortoise a été l’influence majeure pour ma musique dernièrement. J’ai toujours été énormément fan de ce qu’ils ont fait, de leur totale liberté, jaloux de leur qualité de musicien, du groove qu’ils savent créer encore et toujours. Après je me suis mis à réécouter pas mal les disques de Bed dernièrement, j’ai énormément de respect pour sa musique que je trouve vraiment magnifique. Hood aussi, je pourrais en citer pas mal.
Je suis déjà content d’avoir eu de si bons échos en France à propos de ma musique, c’est énorme honnêtement. Après je ne pense pas faire partie d’une scène en France. Evidemment je suis plus proche de High Wolf, Holy Strays, qui sont des amis. Je prends beaucoup de recul par rapport à tout ça; je veux surtout rester totalement libre de faire ce que je veux.

Où souhaites-tu emmener Cankun ? 
Il y a quelques étiquettes qui me collent un peu dont j’aimerais me défaire. Pousser plus loin la recherche rythmique, n’utiliser que de la vraie batterie, jouer live avec un vrai batteur, créer un disque totalement analogique, tout en ayant énormément de groove, faire danser les gens, les hypnotiser. Ce serait bien. Le prochain EP à paraitre à la rentrée ne sera pas comme ça malheureusement- mais, qui sait, pour le prochain album.

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Les lecteurs de ce blog connaissent mon affection pour le travail de Jonas Delaborde, ainsi que celui de Hendrik Hegray – ensemble, ils éditent Nazi Knife et False Flag. Au détour d’un mail annonçant la création d’une nouvelle maison d’édition, Der Vierte Pförtner Verlag, et son premier livre, La Nuit du Diable d’Antoine Marquis, j’avais demandé à Jonas Delaborde, impliqué dans cette nouvelle création, de me raconter son année 2012 – sous la forme d’une liste. Ce à quoi il a répondu ainsi : "je me suis creusé la tête pour trouver une manière honnête d’aborder un truc rétrospectif concernant 2012. Ce à quoi je suis arrivé, c’est le texte que je t’envoie. Je vais probablement encore passer pour un pisse-froid aigri, mais tant pis (tant mieux ?)." D’où le texte qui suit, plus revigorant, à mon sens, qu’aigri (loin de là, tant pis ?) :

"Globalement, j’ai du mal à trouver une perspective qui fasse sens pour parler des livres, des films ou des disques sortis en 2012. Je n’ai rien vu de très récent, ni lu, qui m’ait frappé par sa fraicheur. Même si je peux entendre le reproche que je fasse preuve d’une myopie volontaire.

Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne les images, j’ai toujours le sentiment qu’on est très seuls quand on fait Nazi Knife. Je ne vois pas passer beaucoup de publications stimulantes. Je me souviens avoir lu une interview de Steven Stapleton qui disait qu’il faisait de la musique pour fabriquer la bande son de ses trips, parce que cette musique dont il avait besoin n’existait pas chez les disquaires.

Nazi Knife, False Flag, ou ce nouveau projet de Der Vierte Pförtner Verlag, c’est un peu la même chose.

Coincés entre l’allégeance à l’iconographie publicitaire de l’industrie du luxe (je pense aux bons petits soldats financés par agnes b pour broder une énième tapisserie de déclinaisons sur une thématique gentiment satanique) et les aspirations patrimoniales de jeunes vieux qui font dans le commentaire "critique", on est obligés de mettre la main à la pâte pour faire exister des formes éditoriales ambitieuses. Je ne parle même pas des espaces (qu’ils soient physiques ou éditoriaux) contrôlés par l’institution artistique française : l’imposture et la fumisterie des responsables ne peut donner naissance qu’à un vaste champ homogène de médiocrité tendance.

Pour autant, ça ne nous empêche pas d’accepter une invitation dans tel ou tel salon, en espérant y gagner un peu d’argent, ce qui n’arrive jamais dans des proportions qui rendraient notre reniement moins amer. Et puis bon, j’imagine que si on nous invite, c’est qu’on est bien plus inoffensifs que ce que je vise.

Bref, pour revenir à ta proposition de top 2012, cette année, j’ai surtout téléchargé des comics : j’ai lu les runs de X-Men de Morrison et de Whedon, je suis dans Doom Patrol, formidable, mais pas nouveau du tout, toujours de Morrison.

C’est aussi en 2012 que j’ai basculé dans une boulimie totale de SF. A part peut-être le Providence de Ferré, que j’ai lu en début d’année (et encore, ça n’est pas très éloigné du fantastique), je n’ai lu que du Dick, du Silverberg, du Lafferty, du Ballard, du Priest, du Sheckley, etc. J’ai aussi le nez, par intermittence, dans les Jardins Statuaires de Jacques Abeille, qui m’habitent autant que l’inverse.

Il ne faut pas que j’oublie aussi de dire que j’ai acheté, de manière absolument néophyte (et parceque j’ai vu des images qui me plaisaient sur le blog de crocnique), les gros ouvrages consacrés aux magazine works de Moriyama et de Nakahira. Je ne le regrette pas. Depuis je guette un peu tout ce que je peux trouver de Nakahira.

Et pour la musique, je dois avouer que je n’ai pas acheté un seul disque depuis 2 ans. J’en ai téléchargé pas mal, mais pas tellement de choses récentes (à part les mixtapes de Gucci Mane, Lil B ou Mr. Muthafuckin’ eXquire). Récemment, un copain m’a fait suivre des trucs de Slim Guerilla. C’est très bien, mais je me vois mal mettre ça tout seul dans un top de l’année.

Par contre, à chaque fois que je retourne chez mes parents, je récupère des cassettes. Pour finir donc, voilà une liste de cassettes et/ou boxsets retrouvés avec joie dans mes cartons cette année. Je ne sais pas si ça fera découvrir grand chose à grand monde, mais je suis bien content de pouvoir les réécouter (surtout les Jessica Rylan).

- Jessica Rylan – Lush Life (IRFP, 2006)

- Robert Horton – The Great Hum (Dreamtime Taped Sounds, 2007)

- Daily Life – Best Of Relax-In Vol.1 (Unskilled Labor, 2008)

- Head Molt – Space Funeral (Anti-Everything, 2011)

- The Ray Pacino Ensemble – Be My Lonely Night (Lal lal lal, 2005)

- New Order – Technique (Factory, 1989)

- Swans – Children Of God (Caroline, 1987)

- William Bell & Tobe Hooper – The Texas Chainsaw Massacre (Dutch Oven, 2006)

- Mammal (Nihilist, 2006)

- Climax Denial – (IDES, 2006)

- Emaciator – Triumph (Monorail Trespassing, 2006)

- Bromp Treb – Advancing Bads (Bonescraper, 2012)

- Jessica Rylan – Wiped Away (Durable Stimuli, 2006)

- Tourette – (Lulle, 2007)

- Avarus – Kimi On Tintti (Lal lal lal, 2004)

- Rotton Carracas – Plant Water (?)

- Violent Students – Time to Surf (Richie Records, ?)

- Dog Lady – Dark Circus In Windsor (2010)

- Roxy Music – Avalon (EG, 1982)

- Compilation – Fox Box (Fag Tapes, 2008)"

 

 

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Beaucoup de choses intéressantes écrites sur la musique ces derniers mois (j’y reviens bientôt, promis) et notamment la revue Audimat, petit format, papier journal, qui se glisse sous la poche et qui est l’oeuvre de deux garçons croisés ces dernières années, Guillaume et Etienne, tous deux fans de musique, soit-elle de bruit ou de mélodie ou des deux ensemble. Ils m’ont chacun écrit un bilan de leur année écoulée, en reflet de leur revue. Les textes suivent :

Guillaume Heuguet :
"Cette année j’ai écouté plus souvent la même chose, je ne sais pas si on doit appeller ça de la modération ;

- J’ai passé une bonne partie de l’année en compagnie assez techno-puritaine, avec notamment Robert Hood – Nighttime world v.3 (Music Man), Juju & Jordash – Techno Primitivism (Dekmantel), EQD – 111 (EQD) & Shed – The Killer (50 weapons)

- J’étais d’abord sceptique vis à vis de Raime mais l’album Quarter turns over a living line (Blackest Ever Black) m’a définitivement infecté et converti

- Passionnants par dessus tout, tous les symptômes du débordement du noise par la techno et réciproquement : IUEKE – Tapes (Antinote), Bad News – More Bad News (L.I.E.S), Pete Swanson – Pro Style (Type) (et son live), S/V/R – Célébration Noire (Handmade Birds, un des labels les plus intriguants cette année), auxquels je ne peux pas ne pas rajouter le maxi de Somaticae chez nous (In Paradisum)

- Une petite série de maxis importants, avec pour ce qui me vient comme ça, Unit Moebius Anonymous – SD23 (Syncom Data) ; Untold – Change in a dynamic environment 1-2-3 (Hemlock) ; Perc – A new brutality (Perc Trax), mais aussi des artistes comme Lakker, Frak, Low Jack, Karenn, Container, Pinion, …

- Vatican Shadow – Kneel before religious icons (Type), mais en fait j’ai passé l’année à me passer sa discographie en musique d’ambiance, un véritable remède dans le mal en période de paranoïa

- Tous les moments house à la Glenn Underground du live de The Analog Cops

- Au niveau rétrospectif (et toujours sans nostalgie), Various / Dabke – Sound of the syrian houran (Sham Palace) et The Burrell Brothers – The Nu Groove Years 1988-1992 (Rush Hour), le premier Tuxedomoon

- Black Dog & Regis – We Confess 1977 – 1984 (R.I.P mnmlssgs), les sélection de Test Pressing "London Clubs" (testpressingorg), tous les mixes de Ron Morelli et de Kiran Siande pour Blackest Ever Black

- Sans oublier des chansons comme Rihanna – Love without tragedy / Mother Mary, Usher – Climax, Santigold – Disparate Youth, Jeremih – Fuck u all the time, Swizz Beats – Street Knock et depuis trois jours Miguel – Adorn"

Etienne Menu :
"Cette année pour la première fois de ma vie, et sans vraiment m’en rendre compte, je n’ai écouté que de la musique chaleureuse, enveloppante, à taux élevé de sweetness câlinante. Je ne fais pas spécialement un rejet des autres émotions générées par la musique, et dans l’absolu je trouve par exemple hyper bien la scène hybride techno/noise, mais de fait je ne l’écoute qu’à titre informatif.

Le truc cool avec ce champ restreint d’écoute, c’est que ces morceaux tout doux font tellement de bien qu’on peut les écouter vraiment plein de fois. Ce sont tous des tubes, au moins en puissance, dont on ne se lasse pas facilement. Du coup on passe moins de temps à chercher frénétiquement des tracks sur Internet – et du coup on écoute aussi moins de musique de club ultra fonctionnelle. Et je me suis aussi mis à écouter des albums en entier, ce qui est une première pour moi.

Donc dans l’ordre chronologique j’ai aimé les albums de The Internet (franchement j’ai rien compris à ceux qui ont trouvé ce disque bâclé trop dérivatif), Bebetune$/Ferraro (c’est techniquement fin 2011 mais comme j’ai moins aimé Sushi, sorti à la rentrée, que ses trois trucs de 2011 je me permets cette entorse), Chassol (on l’a déjà dit mais c’est vraiment un miracle ce disque), A$AP Rocky (qui est hyper doux quand on y pense), Jeremih (une mixtape pour être exact mais bon ne pinaillons pas trop le truc est tellement dingue !), Frank Ocean (pas toutes les chansons mais le mec impose tellement de nouvelles choses tout en restant hyper tradi que c’est pas grave), Brandy (le retour trop tendre), Kendrick Lamar (de la variété rap veloutée-volutée, du rap d’adulte qui se met bien).

Questions singles ou plutôt morceaux isolés, j’ai kiffé Chippy Nonstop – « R U Down », GOOD Music – « Higher » (et aussi « Clique » et « Mercy »), tout ce que font Disclosure et AlunaGeorge, et Rihanna – « Diamonds ».

Seule exception au régime sweet, quelques tracks du disque de Booba, notamment « Pirates » avec son couplet à deux voies et ses phases genre « Gallardo, M3, M6, Séverine Ferrer ».

En vieux, j’ai découvert Tapestry de Carole King (un album de variétés d’auteur qui s’est vendu par dizaines de millions d’exemplaires dans les années 70 et que je n’avais jamais écouté, c’est vraiment l’ambiance “cousine artiste hippie indépendante qui vous accueille dans sa maison de l’arrière pays niçois” et j’adore!), David Crosby – I Can’t Even Remember My Name (une des références de la collection French Americana de la marque Sixpack France), un best-of de Laurent Voulzy, le premier Julien Clerc, et même un peu de Marc Lavoine (ouais ouais). Dans les trucs plus « niche » j’ai réécouté le premier album de A Reminiscent Drive (un genre de génial exercice de méditation autour de la mélancolie occidentale), et découvert (via mon ami l’indispensable Olivier Lamm de The Drone et Chronicart) I Trawl the Megahertz de Paddy McAloon (à la fois rassurant et poignant, à écouter au bureau en regardant par la fenêtre) et CM/TV, l’exceptionnelle anthologie de musiques fonctionnelles de Ryuichi Sakamoto. Je dois oublier des choses, évidemment, mais en tout cas j’ai eu un rapport à la fois très sain et très agréable à la musique au cours de ces 12 mois et j’en suis très content, je dois bien le dire."

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Deltas de Kassel Jaeger figure parmi mes disques favoris de l’année écoulée. Et pour y faire un c,in d’œil, j’ai demandé à ce compositeur discret de parler ici de son année à lui. Ce qu’il a fait en invoquant ceci :
"Je me suis plus concentré sur des instants que je retiens. Instants d’écoute, instant d’observation, etc. D’où la présence de beaucoup d’événements Live (dont le fameux concert mego à Pompidou et son public hallucinant…) Je te joins une image issue d’Alpi, d’Armin Linke, qui figure sur ma liste, représentant une vision surplombante d’une montagne-maquette, vision qui est un peu celle, rétrospective, qu’il me semble utiliser lorsque j’observe mes impressions passées. Choses lues, vues, mais surtout entendues : ce qui restera de 2012 en 15 moments…" Sa liste suit :

Deathprod en concert à Présences électronique, 104, Paris.

Sunn 0))) en concert à la Gaîté Lyrique, Paris.

Philippe Carson – Turmac (in Traces I, Recollection GRM).

Alpi d’Armin Linke, Piero Zanini et Renato Rinaldi, projeté au Musée de la Chasse, Paris.

Robert Hampson Signaux 1, concert au Planetarium de Poitiers.

Motion Sickness of Time Travel – S/T, Spectrum Spools

Laurent Grasso, Uraniborg au Jeu de Paume, Paris.

Zeni Geva en concert aux Instants Chavirés, Montreuil.

Jean-Yves Jouannais – l’usage des ruines, éditions verticales.

Oren Ambarchi – Audience of one, Touch.

KTL – V, editions MEGO.

Death Grips – No Love Deep Web (self release)

Giuseppe Ielasi – Untitled, 2011, entr’acte.

Florian Hecker, Bill Orcutt et Christian Fennesz, en concert au Centre Pompidou, Paris.

Jim Haynes – Kamchatka, contour éditions.

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Après leur mixtape ci-dessous, voici la liste des livres de 2012 des membres de la revue Collection dont le 3ème et numéro est sorti cette année. Merci à eux d’avoir pris en photo chacun des livres de leur liste ! Et sii vous ne reconnaissez pas les couvertures, voici une liste, précédée d’un commentaire :

"Cette sélection n’est pas pour nous les "meilleurs livres de l’année" mais plutôt une liste de livre qu’on a apprécié, qui nous ont un peu plus surpris que d’autres et pour certains dont personne n’a parlé…"

En attendant le futur -Julien Gautherie  -  AS éditions
Super-Structure – Various Artists – F. De Jonge & F. Defourny
Comment construire rapidement une pyramide ? – Julie Redon – Studio lent
Tarop & Glabel  - Dieu n’aime pas les religions – semiose
Vertige – H. Reuman + Gunnar Lundkvist – united dead artists
Panos – Le dernier cri
Kramer Ergot 8 – picture box
Deux lions pour une tombe/une tombe pour un lion – Iris Pouy – autoédition
Drawings inspired by American Psycho — Ben Marra
Lincoln Washington : Free Man — Ben Marra- Issue 1, Traditional Comics
Trannie-Jokes etc.— Sany- Automatic Books
La série MSS Meestrd. — Dennis Tyfus
NK #8 — FLTMSTPC
6580-11661, Ein Auszug — Frederic Ehlers — I Smell Painter
Faits divers, Anouk Ricard, cornélius
Big questions, Anders Nilsen, l’Association
La ruche, Charles bruns, cornélius
Canne de fer et lucifer, Leon Maret, 2024
Total swarte, Joost Swarte, denoel graphic
23 prostituées, Chester Brown, cornélius
Dexies & Dolly  - Olivier Benyahya  - Allia
La Revue Pyramide Diapason Roue crantée – Bat
La grande vie, Delphine Duprat et Mathilde Payen
Flatland, Abbott, zones sensibles
Karoo, Steve Tesich, monsieur toussaint louverture
Wölfli, catalogue de l’expo au LAM
Science Foot – Pierre La Police –  Cornélius
Salut Les Copains – Cotoreich – éditions Cotoreich
La villa, le beurre et les tartines – Amandine Meyer – Solo ma non troppo
Locked Here – Leon Sadler – No Hopes
Plein Ciel – Renaud Perrin – autoédition
Chevals  - Doudouboy – autoédition
Trésors de l’Institut National de Recherche et de Sécurité – Cizo & Felder – Les Requins Marteaux
Home-Made Europe — Contemporary Folk Artifacts – Vladimir Arkhipov – Fuel

et les livres des éditions FP&CF :
From the archives – Don Hudson – FP&CF
False Prophets – Stéphane Prigent – FP&CF
Moving towards going away ‘blueshift – redshift’ – Mike Redmond – FP&CF
« Déjà un classique » – Paul Loubet – FP&CF

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J’ai invité la rédaction de la revue Collection à faire une mixtape et une liste de leurs livres préférés de l’année écoulée. Ici, la mixtape, avec ce commentaire :

"Exercice périlleux de compiler les goûts musicaux variés des uns et des autres en une heure, surtout quand on est 5. Encore plus compliqué de réunir uniquement des choses sorties en 2012. Même si nous nous retrouvons tous sur des groupes, notamment en concert, aucun de nous n’écoute la même musique au quotidien et encore moins des « nouveautés ».
Nous sommes néanmoins tous d’accord pour dire que l’obscur album « Révolution Musicale chante Titeuf » est le disque de l’année. Il est absurde, drôle, pathétique, infecte et beau à la fois. Bravo à eux."

playlist :
Chassol – RussianKidz (La Ré Fa La)
Christ – Looping
Scorpion Violente – Pumping Iron
Révolution musicale – titeuf dream
Yan Hart-Lemonnier – Merci et à bientôt
Lord Bretz & Jackin’Vaness – Avant que je ne parte au badminton
Un vieil homme se fait cuire du becon, mange des chips et agonise
Viva Carlos Carbonell – Dar penita
Les morts vont bien – Les morts vont bien
Egyptology – Flying Over The River Meander
Ryan Power – I Don’t Want To Die
Les amants de Montparnasse (extrait)
Gratuit – l’odeur de la chair
Révolution musicale – titeuf titeuf titeuf
Buvette – Inside Life
Beak – Eggdog
L’onion vivant – Gerard herman
Francis Bebey – New Track
Pachanga Boys – Black Naga (Original Mix)
The_caretaker – increasingly absorbed in his own world

A télécharger par ici.

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Cette année Jérôme Mestre aura sorti au moins trois disques essentiels sur son label Desire : Double Invitation de Femminielli et les rééditions de Monoton et Ike Yard. Sans parler du maxi de remixes d’Ike Yard par Regis et Monoton et les deux premiers maxis de Collateral. Dans un registre plus personnel, il vient aussi, merci à lui, de sortir la série de cassettes The End of Drone que j’ai enregistrée sous le nom de Discipline. Jérôme, une fois encore, m’a fait découvrir plus de disques, depuis ses années chez Danceteria et Rough Trade Paris, que quiconque. Sa liste 2012 rejoint parfois la mienne (Silent Servant, Raime) et, surtout, est l’occasion de belles découvertes, au bout de l’année. Un seul commentaire de sa part : "Silent Servant est #1 le reste par ordre alphabétique." Dont acte :

Silent Servant ‘Negative Fascination’ (Hospital Productions)

aTelecine ‘Sounds That Gods Fear (Welcome To Cosmic Nightmare Culture) ( Pendu Sound Recordings)
Can ‘The Lost Tapes’ (Mute)
Cut Hands ‘Afro Noise I Volume I + II (Dirter Promotions)
Future Blondes ‘Feather 17′ (Blind Prophet Records)
King Dude ‘Burning Daylight’ (Dais)
Kendrick Lamar ‘good kid, m.A.A.d city’ (Aftermath)
Linea Aspera ‘Linea Aspera’ (Dark Entries)
Lost Tribe ‘Lost Tribe’ (Blind Prophet Records)
Tor Lundvall ‘The Shipyard’ (Dais)
Powell ‘Body Music EP’ (Diagonal)
Psychic TV ‘Pirate Tape’ (Cold Spring)
Raime ‘Quarter Turns Over A Living Line (Blackest Ever Black)
Ramleh ‘Awake!’ (Harbinger Sound)
Regis ‘Adolescence: The Complete Recordings 1994-2001) (Downwards)
Shadow Child & Horx feat. TK Wonder ‘Bordertown’ (Apollo)
Andy Stott ‘Luxury Problems’ (Modern Love)
Scott Walker ‘Bish Bosch’ (4AD)
TheWeeknd ‘Trilogy’ (Xo&Co)
Youth Code ‘Demonstrational Cassette’

Radigue4L’envie de faire une longue liste n’est plus là : il y a eu trop de disques en 2012, jusqu’à l’épuisement. J’aurais pu pousser jusqu’à 50, 100. Mais, tirant sur plusieurs cordes, plusieurs genres, la plupart de ce qui est sorti cette année et a atteint les oreilles de ce blog n’aura vécu qu’un court instant : instant, parfois, d’emballement, le plus souvent de plaisir instantané, mais tous très vite dissipés. Au final, au bout de 2012, épuisée et épuisés, restent les disques qui gardent en eux les moments importants d’une année très remplie. Moments fugitifs, où se noue quelque chose entre la musique et soi, entre la musique et le monde autour. En 2012, plus que jamais, la musique, celle qui marque comme au fer rouge, aura servi à regarder le réel avec des yeux neufs, à filtrer la vie, de la même façon qu’un moment passé en compagnie d’un inconnu peut, parfois, vous faire voir toute votre existence différemment. Découvrir un disque, c’est comme rencontrer cette personne, qui, aux premiers moments de se parler, dans ces premières heures tâtonnantes, oblige à reconsidérer toute une vie. Voilà ce qui s’est passé cette année, la vie a changé, doucement, sûrement.

1. Raime « Quarter Living » / Gareth Williams & Marie Currie « Flaming Tunes »
Voilà ce qui se passe : une nuit dans Paris, à marcher. Raime, nouveaux morceaux, dans la poche. Et la ville change, bascule, tournoie. Une évidence trop folle, flagrante. Comme un disque d’Autechre soudainement filtré par du Morricone. Ou la découverte à l’étage d’un corps nouveau, qui vous connaît. Ou un peu trop d’alcool. Ou un voyage trop loin, comme celui de Gareth Williams, parti en Inde. Sur Blackest Ever Black, label de Raime, il y a eu son duo avec Marie Currie, cassette perdue des années 80, ressuscitée en vinyle et qui sert de carbone 14 à tous les autres disques de l’année : vous êtes vieux, nous sommes jeunes, malgré notre âge. Gareth et Marie jouaient singuliers, petits anglais se rêvant hindous. Si l’on faisait encore des cassettes pour des filles, celle de 2012 aurait Raime sur la face A, Gareth et Marie sur la face B. La fille nous quitterait aussitôt, pour revenir deux jours plus tard, les larmes aux yeux. Un café ?

2. Scott Walker « Bish Bosch »
Scott, c’est celui qui, chaque décennie, nous force à écouter, oblige à écrire, à travailler, à comprendre une chose ou deux à propos de la musique. A propos de ce que l’on fait, de pourquoi nous écrivons. C’est bien plus que la plupart des autres.

3. Andy Stott « Luxury Problems » / Actress « RIP »
Du RIP d’Actress, album flagrant du début 2012, reste ce morceau spacieux, en piano hésitant entre Satie et Clayderman, Jardin. Trop beau, trop craquelé. Mais marquant. Et d’Andy Stott, même chose : ces voix tergiversées, plantées au milieu du disque, comme un fantôme en plein décor, reléguant les arrangements améthystes, dérangeant l’écoute tout en la cajolant. Du mystère, de l’inquiétude.

4. Silent Servant « Negative Fascination »
Une claque venue de LA : Juan Mendez, comme sa femme Camella Tropic of Cancer Lobo, officie dans un paradoxe qui consiste à faire de la musique anglaise brumeuse sous les palmiers de Los Angeles. Et ça marche si bien, qu’il parvient à reléguer les anglais techno et les anglais indus aux oubliettes. Un grand disque sans morale (ouf), difficile pour le moral.

5. Keith Fullerton Whitman « Generators » / Eliane Radigue « Feedback Works »
Plusieurs disques, cassettes et projets plus tard, Keith Fullerton Whitman est toujours au sommet, surtout avec Generators, enregistrement double qui fait virevolter avec délicatesse des machines hypnotiques. Dédié à Eliane Radigue, l’album emmène l’esthétique de cette musicienne dans un ailleurs inimaginable pour elle. Bonne nouvelle : au même moment, les travaux de Radigue pour feedback sont ressortis en un double vinyle chavirant. Beau à pleurer, si l’on aime les harmoniques, les monolithes, le monochrome. Inégalée, Radigue est notre héroïne, au sens de drogue (qui) dure.

6. Femminielli « Double Invitation » / « Statement » compilation
Un soir de froid, au Point FMR, venu voir Dirty Beaches, c’est avec Femminielli que l’on repart, émerveillé, espérant son album. Arrivé, celui-ci s’est dévoilé, comme l’a dit une amie par SMS, « fantasmagorique ». Ou un mélange de disco et de poisse, de sexe et de drones, d’amour et de lenteur. Dirty Beaches, lui, a commis dix minutes magistrales sur la très belle compilation Statement de Clan Destine Records, en compagnie notamment de la très estimable Ela Orleans. Sur le même label, au fait, il faut trouver la cassette de German Army, splendide essai post-techno(phobe).

7. Lana Del Rey « Ride » / Palma Violets « Best of Friends »
Un peu de pop : ce morceau de Lana aura été la bande-son inattendue de la deuxième moitié de l’année. Un faux tube calibré hymne nostalgique, qui m’évoque Spiritualized (que j’adore) et Verve (que je déteste). Qui m’évoque surtout Los Angeles, notamment lorsque Lana chante ceci « I hear the birds on a summer breeze », avec à chaque fois la même envie de pleurer, le même tremblement – Pas la peine de demeurer ici, tout est dit, tout est déjà joué. Courage, fuyons ? Et puis, il y a eu aussi ce morceau de Palma Violets, découvert par hasard à sa sortie, encensé partout depuis et qui ne me quitte pas – un tube stellaire pour un groupe de cave(s), joué comme s’il n’y avait aucun autre choix. Etrangement, cela m’évoque une sorte de Sonic Youth anglais, moins arty, plus fun. Mais à chaque écoute, je succombe, je plonge.

8. Kassel Jaeger « Deltas » / GRM Recollection
Beyrouth, fin juillet. Un mail qui donne un lien et l’album de Kassel Jaeger qui s’incruste là, au dernier étage de notre immeuble, vue plongeante sur des ruines et des chantiers, des voitures à toute allure. Apre, tendu, marécageux, électronique, concret, Deltas est une exploration à la perceuse d’une psyché comme désarçonnée. Et cela crée l’un des plus beaux paysages sonores, souvent nocturnes, de l’année, au même titre que la plupart des rééditions de disques du GRM, sortis par le même label, Editions Mego. Six albums déjà sortis en 2012, dont on retient les très essentiels disques de Bernard Parmegiani et Luc Ferrari. Ainsi que le grandiose Triola d’Ivo Malec, découverte abrasive, arrivée juste avant Noël, tout en électronique battue, débattue en brèche.

9. Lee Gamble « Diversions » / Nick Edwardz « Plekzaktionz »
Le disque de Lee Gamble, sorti sur Pan, un des beaux labels des deux dernières années, est plus que séduisant, dans son projet (mot honni) même : composé à partir de samples pris dans des mixtapes de jungle et de drum’n’bass, il oscille entre l’atmosphérique et le très tendu, mettant en jeu une forme hybride d’ambient, faite comme un collage mémoriel d’où auraient été retirées les matrices même de la mémoire. Drôle de disque, qui se bonifie avec les écoutes et cherche à décharner notre souvenir de la musique, nos réflexes de danseur quarantenaire rouillé. Nick Edwardz, lui, joue en direct avec des machines que l’on sent très organique, improvisant à même le sol, dirait-on, pour créer des hybrides de dub et de drum’n’bass, justement, qui pourraient bien être le négatif de ce que Gamble a tenté. Pas de souvenir, tout est dans la rencontre immédiate. Les deux disques sont si ancrés en 2012, qu’on a peur de les voir s’évaporer d’ici un an ou deux. Espérons le contraire.

10. Can « The Lost Tapes » / Sensations Fix « Music is Painting in the air »
En un coffret, Can aura laissé loin derrière toutes les rééditions Krautrock. Plus la peine d’écouter les autres, tout est là. L’occasion, donc, de se tourner ailleurs, vers l’Italie et cette anthologie de Sensations Fix, groupe inconnu ici jusqu’alors, mais qui se dévoile d’une puissance incomparable, usant d’électronique et de guitare, malmenant les Allemands et les Américains, pour créer un idiome tout à soi, singulièrement affranchi. Comme une jeune fille un peu trop grande, si grande qu’on ne l’avait jamais remarquée avant qu’elle nous adresse la parole, nous prenne par la main, gentiment, timidement. Dans la vie, cela ne nous arrive jamais. Pourtant, Sensations Fix, c’est exactement cela : un groupe si grand qu’on ne le voyait pas.

11. The Great Unwashed « Clean Out Our Minds » / The Dead C « Harsh 70’s Reality » / The Clean « Oddities »
Par quelle boucle étrange, la Nouvelle-Zélande est-elle revenue à nous en 2012 ? Trois rééditions : The Great unwashed et son monde à la Syd Barrett popériste, The Dead C et ce double album classique noise ressorti en vinyle tout moiré de l’intérieur et The Clean avec cette compilation fragmentée qui contient à la suite deux des plus beaux morceaux de rock squelettique jamais entendus – Point That Thing Dub et Safety At Home. Pour faire court, ces groupes-là jouent de la musique comme s’ils avaient entendu le Velvet Underground et vu le messie en même temps. Mais pas n’importe quel Velvet : le Velvet des bootlegs orageux, de Sweet Sister Ray, où tous les coups sont permis, surtout ceux donnés à sa guitare. Et puis, il y a eu un livre : Erewhon Calling, recueil de textes explorant la musique de la Nouvelle-Zélande, indispensable à ceux qui aiment cela, lire sur la musique, rêver d’ailleurs.

12. Monoton « Monotonprodukt 07 » / Ike Yard « Fact A Second »
Chez Desire, label refuge, label ami, il y a eu plus de bons disques que de raison. Femminielli, vu plus haut, y est hébergé. D’autres aussi, des proches, comme Collateral. Alors, on parlera surtout des deux disques réédités, ressuscités : le premier Ike Yard, qui sonne comme s’il était jeune de deux jours plutôt que vieux de 35 ans. Exercice équilibriste entre rock, minimal wave et cold quelque chose, l’album est époustouflant de modernité, de contemporanéité. Pas étonnant qu’il ait été oublié toutes ces années, il n’a été fait que pour exister en 2012. Monoton, en revanche, c’est autre chose encore : un disque revenu en CD il y a dix ans, qui, en vinyle, retrouve une vie nouvelle, plus physique, mieux cartographiée. Suite quasi techno, quasi ambient, quasi minimale, cet album possède en lui une nature indémodable, sans doute parce qu’il ne se laisse circonscrire à aucun genre, même pas celui de l’outsider ou du coup d’essai d’un freak. Tout y est juste, une évidence. En 2012, qui dit mieux ?

scumyrearth

Pour fêter la sortie de son nouvel album, après celle de son split avec Discipline, et comme pour ne pas vous laisser tout seuls le soir de Noël entre les parents, la buche et la dinde, Supermalprodelica vient de faire une jolie mixtape… Elle s’écoute par ici. Et tous les disques du label Scum Yr Earth sont sur notre Big Cartel. Merry Xmas, girls & boys, friends, lovers & ex-lion tamers.

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