Dessin
Shoboshobo chez Nieves
Souvent proche de la brutalité des images trouvée chez Mat Brinkman, ce nouveau Shoboshobo est peut-être le meilleur de son auteur, qui le voit explorer une double direction, entre saturation et clarté, jouant l’équilibre et l’accumulation, l’inventivité jamais démentie. Chez Nieves.
Weird, nouvelle revue de dessins (et un peu plus)
Pris dans Vertige
Petit format à l’italienne, Vertiges est un travail à deux, entre les dessinateurs Helge Reumann et Gunnar Lundkvist, où chacun se dédouble pour être soi et être avec l’autre, pour exister sur le même plan ensemble tout en étant indépendant l’un de l’autre. Plutôt qu’un duo ou une histoire de couple, Vertiges montre ainsi une histoire de travail et de cohabitation, qui donne un résultat quasi alchimique. Une image muette par page, avec à chaque fois le personnage de chacun des auteurs. Le tout raconte quelque chose tout en semblant décousu, fait d’interstices. Parfois du rouge sanglant surgit dans un dessin autrement noir, comme pour dire que la première impression était fausse : on n’est pas là dans un livre d’enfants, mais dans un livre de gamins qui ont oublié de grandir et continuent à arracher les ailes des mouches – avec une scie.
Pause
Une exposition Pegg
Une exposition de Daisuke Ichiba
Ultramad ZX, licensed by Bolino
Après le grand Spermanga, livre au format luxueux et quasi débordant, puis un autre au format plus serré mais tout de même très haut, Pakito Bolino continue ses explorations de bandes dessinées aux confins des champs connus, entre comics, mangas et récits populaires. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui semblent surgir ici, subrepticement, via la parole et les textes, qui prennent des allures plus violentes encore que dans les livres précédents. On songe ainsi aux échos des bd de gare des années 70 ou 80… Violentes ? Plutôt désenchantées, désarticulées, déniaisées, portées par une forte charge d’érotisme mâtiné d’humour et de noise. Par endroits, le livre se déplie, ses pages changent de couleur, ses cases se fragmentent, perdent de la couleur, gagnent des strates. On n’est pas tant dans la décomposition de la bande dessinée que dans la réinvention du comics de super-héros par un fan à la vision cramée – une explosion à fragmentations, qui va à l’exact opposé de tous les cultes contemporains de la beauté, du propre et du correct.










