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Archives mensuelles : décembre 2011


Mickey Newbury – Frisco Mabel Joy / Looks Like Rain
Sunn O))) & Nurse With Wound – The Iron Soul of Nothing
Deux – Décadence
Steve Roden – I listen to the wind that obliterates my traces
Ghedalia Tazartes – Works 1977-79
Eleh – Floating Frequencies / Intuitive Synthesis
Beach Boys – smile
Khansahib Abdul Karim Khan – Mississippi records LP
CS Yeh – Songs 2002
Tangerine dream – Zeit

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Pas simple, cette année, de faire une liste : parce qu’il y a plus de disques ? Parce qu’il y a moins de temps ? Ou parce que l’impression très partagée que la musique n’a plus la même valeur qu’avant, fait qu’on ne sait plus trop s’il est important de revenir sur 2011, de se souvenir. Tandis que tout le monde campe sur ses positions, pop à outrance par-ci, dubstep à fond par là, éternité du rock au centre, il semble tout de même que 2011 aura marqué par son tourbillon, au centre duquel on retrouve quelques disques de fiction (on parlait déjà l’an dernier des fictions soniques qui s’imposent de plus en plus à ceux qui veulent encore faire des albums – et tenter d’en vendre – le faux disque 70′s signé Jürgen Müller est, en ce sens, fabuleux) et pas mal de choses inédites, qui tentent de reconfigurer des matières passées pour leur faire raconter de nouvelles histoires (Leyland Kirby d’une façon, Dirty Beaches, d’une autre, en réinventant le rockab no wave des Cramps et Suicide dans un espéranto contemporain) – Au fond, 2011 aura fourni un embarras des choix, nous embarrassant donc avec des disques qu’il est devenu compliqué de classer. En voici donc une liste sans véritable hiérarchie, avec quelques oublis, certainement. Et pour ceux que cela intéresse encore : en concert, deux groupes ont été bouleversants – Barn Owl à Mains d’Oeuvre en mai, puis Tropic of Cancer, deux soirs de suite, fin octobre, début novembre. Mais aussi, avec la distance, l’apparition de Dirty Beaches au Midi festival dans les jardins de la Villa Noailles, maison qui aura bien marqué l’année, au moins par ici. Enfin, si l’on devait suivre des labels, plutôt que des artistes, allez voir chez De Stijl (impeccable), Desire (implacable), Not Not Fun (toujours), Pan, Blackest Ever Black (pas mieux, dans le genre bambin surdoué), Tri-Angle & la Station Radar… Envoyez vos listes dans les commentaires, si vous en avez (envie).

Dirty Beaches – Badlands
Tropic of Cancer – the end of all things
Heatsick – Intersex
Le Révélateur – Fictions
Kode9 & Spaceape – Black Sun
The Caretaker – an empty bliss beyond this world
Blues Control & Laraaji – That Healing Feeling
Jürgen Müller – science of the sea
Stare Case – Lose Today
Minizza – Hôtel Monterey
Expo 70 – Inaudible Bicoastal Trajectory / Where Does Your Mind Go
Jakob Olausson – Morning and Sunrise
Sun Circle – Lessness
Messages – After Before
Felicia Atkinson – o-re-gon
Rangers – pan am stories
Julianna Barwick & Ikue Mori – frkws 6
Laurel Halo – Hour Logic
Borden, Lopatin, Ferraro, Halo, Godin – frkws 7
Hive Mind – Elemental Disgrace
Barn Owl & the Infinite Strings Ensemble -
Raime – Hennail
Oneohtrix Point Never – Replica
High Wolf – Atlas Nation
Floating points – Shadows
The Alps – Easy Action
Rayographs – Rayographs
Maria Minerva – Cabaret Cixous
France – France
Kira Perov – Sunny Dunes
Popol Gluant – Piano Solo
Jonathan Fitoussi – Pluralis
Ela Orleans / Dirty Beaches – split
Wet Hair – In Vogue Spirit
Peaking Lights – 936

+ mention spéciale : Sunn O))) Agharti Live 09-10

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Plusieurs de nos héros sont dans la revue Le Paradis, aux verres brisés collés en couve, éditée par L’Art Pénultième : Bruno Richard (série splendide qui confronte images de religieuses et dessins), Placid (des carnets en couleur), Romain Slocombe. Quant au coffret Pegg, on y trouve 3 petits livres dont un de José Maria Gonzalez, l’une des icônes de ce blog (si cela signifiait quelque chose pour vous), et qui a la bonne idée de s’intituler Fantômes – une obsession partagée. J’ai reçu tout ça, mon père Noël est un vieux punk en avance. J’espère que le votre l’est aussi, punk.

Je croise régulièrement les garçons de NLF3 depuis plusieurs années : mêmes boutiques, mêmes salles, mêmes lieux. Surtout, leurs disques sont parmi les plus intéressants produits en France ces dernières années – leurs disques Viva et que Viva Mexico sont de belles oeuvres qui mêlent rock, exotisme, BO, invention sonique. Le groupe a récemment sorti deux disques : l’album Beautiful is the way to the world beyond et le plus court Beast Me. Pour fêter ce dernier, ils ont envoyé un texte qui en raconte la genèse, ainsi qu’une triple liste de leurs disques  préférés de 2011. NLF3 :

Beast Me, back in 2006. Par Don

C’était comme ça, ce printemps 2006, poisseux, semé d’embuches, de menaces d’avocats d’affaires à Paris XVI°, représentant d’indie rockstars que j’aurais arnaqués de trois dollars et auxquels j’avais tout donné, tout. Fuck. Il y a eu ce déluge sur la scène pendant un festival en plein air en Italie où on donnait « Que Viva Mexico ». Et puis après, il y a eu le Mexique, les indiens qui font La Limpia pour quelques pesos sur les places de Guanajuato ou d’ailleurs. A coup de soufflettes de fumée ils vous chassent le mauvais œil, comme ça, sous une couverture, d’un coup de sorcellerie. Mais il a quand même fallu qu’on compose et enregistre « Beast Me », lors des sessions au studio Microbe qui ont donné naissance à « Echotropic » et « Ride On A Brand New Time ». Ce titre expiatoire nous a permis d’apprivoiser la bête, et lorsque j’en ai inventé les paroles, gribouillées sur un cahier, puis tapées dans word, mon ordinateur m’a lâché…
Je me souviens aussi qu’on avait filé la boulette brûlante à l’ami Panda Bear qui n’a jamais renvoyé les pistes qu’il devait y chanter. « Sure, Sure ». Branleur. Il fallait bien attendre le 2 novembre 2011 pour sortir ce chef d’œuvre.

2011 par F.lor

Steve Reich wtc 9/11 : ce sera forcément un classique, malgré la polémique sur la cover, la musique reste prenante
Death grips :  découvert avec des mp3 largement diffusés, l’ensemble est efficace et tendu avec cette bonne alchimie entre Noise et électronique, c’est bien marquant
Sister Iodine (premier sang) – vynil : Je les trouve redoutables dans leur capacité à inventer un chaos aussi architecturé et troublant.
Nigeria special vol2. Triple vynil. Nigerian blues 1970-6 : La simple beauté du son des 70′s où groove et émotion étaient captés avec quelques micros. Plutôt village du plateau de Jos ou club en taule ondulée des faubourgs de Lagos que mississipi
Tumba Francesa La Caridad de Oriente – Soul Jazz rds – cd - Litanies et percussions de cuba traversant les siècles, héritées des esclaves. Entre cérémonie, fête de bal et transe.

2011 par Mitch

Talk Talk Laughing Stock (réédition 2011) En 1991 il y a eu  pour moi Nirvana, My Bloody Valentine et surtout Talk Talk: Laughing Stock s’est révélé comme une ode au silence et ça m’a permis d’envisager la musique autrement…. Vingt ans après ce disque continue à me fasciner.

Death Grips  – Ex Military Brutal, violent, définitif, après ça il n’y a plus rien…

Radiohead – Bloom Quand j’ai entendu ce morceau pour la première fois j’ai pensé à un mix entre Aphex Twin et Robert Wyatt

Drive Soundtrack by Cliff Martinez Malgré le phénomène de hype, excellente BO pour un excellent film

Berg Sans Nipple -  Build With Erosion Super production, supers morceaux, belle pochette, bon groupe de scène….LE disque-« français » de-l’année sans conteste…

2011 par Don Nino

Thurston Moore  – Demolished Thoughts (Matador) oui en 2011 je joue encore les indie kids, et je trouve tellement bien qu’il joue une douze cordes en open tuning que je ne peux résister.
Pedro Costa & Gaspar Claus – Encuentro In Brooklyn sur l’album Barlande (infiné), je crois que ce que je préfère en musique ce sont les histoires de famille et les rencontres. La production de l’album est brillante.
Angola Soundtrack (Differ-Ant), trouvé en vinyl lorsque Rough Trande s’est invité chez Agnès B, je trouve ce disque fabuleux pour ses guitares et ses chants… Ce qu’il transporte comme histoire.
Connan Mockasin – Forever Dolphin Love J’avais découvert ce type par hasard il y a longtemps en écoutant une webradio, ses statistiques youtube étaient déprimantes. Il utilise les mêmes effets que nous pour faire des voix de dauphins. J’ai l’impression qu’on est un peu cousin donc.
CANTDreams Come True (Warp) je trouvais Chris Taylor impressionnant dans Grizzli Bear, il m’étonne beaucoup dans son side-project assez foutraque, les titres les plus sombres sont ceux qui m’habitent le plus. Notamment « Dreams Come True. » Sinon j’ai aussi adoré Death Grips… Et dans la filiation Sister Iodine, j’ai hâte qu’Antilles sorte un disque.

Trois disques, trois continents, plusieurs époques, plusieurs moments, du rouge sur chacun, comme de la lumière vers plus de beauté – un peu avant Noël, comme un résumé de l’année, de la journée. Après ça, quel besoin de faire une playlist de l’année écoulée ? Il n’y a que les découvertes d’une journée qui comptent, non ? Et leur manière d’annoncer le lendemain.

Quelques années déjà que je suis le travail de Winter Family, dont j’aime la formation fondée autour de trois éléments saillants : un orgue, une batterie minimale, un chant entre la psalmodie et la narration. Le groupe a déjà plusieurs disque sà son actif, mais son tout récent Red Sugar est sans doute son plus intense, dont il est difficile d’arriver au bout ou à bout, avec ses voyages intérieurs entre plusieurs terres, plusieurs peuples, entre ici et Israël, entre là-bas et la Palestine ou les Palestiniens. L’orgue (un Phillicorda, me dit-on) m’intéresse, au-delà de ce que raconte la musique, par sa présence très équilibriste, entre religiosité et drone, classicisme et salissures, planant un instant, évoquant un psychédélisme désenchanté ensuite et enluminé par la batterie, qui, dans ses moments les plus bruts fait écho au battement de Moe Tucker. J’ai contacté le groupe pour  demander (ils sont deux, Ruth et Xavier) une liste de disques ayant un orgue pour instrument central et qui auraient inspiré leur son. Mais, ils m’ont répondu d’une façon oblique, qui me plait toujours en m’envoyant une liste de disques qu’ils ont écouté, qui ont été marquants, tout en disant qu’ils n’écoutent plus de musique et que la musique ne les influence pas. Voici la liste de chacun des deux :

La liste de Ruth, en anglais : 

Beatles/Love is all you need – the first cassette on the age of 9 given to me by my cousin. together we passed the time counting how many time they sing ‘all you need is love’.
Dead Kennedys/Fresh fruit for rotting vegetables - with his low voice and witty texts, Jello Biafra came to my life when i was 13, and changed everything….
Joy Division – Love will tear us apart - 
Foetus / Hole – and all the rest of J.G Thirlwell’s projects (Wiseblood especially) – gave me a whole world opportunities or as he put it better : ‘i’ll meet you in poland baby’
Sugar Cubes/ Life’s too good - which i can still enjoy and dance to always.
Requiem of Mozart - in my ears walking in the old city of jerusalem with the drama in my head and in front of my eyes and imagining how to get out of this beautiful city
Tricky/Maxinquaye  - best 90′s time for me and best live show
John Coltrane – A love supreme - music that is a pray and that is taking you elsewhere, far away
Stevie Wonder/ Songs in the key of life - full of love and light, the father and pure fun.
Umm Kulthum/ Enta Omri - she touches my middle eastern soul

La liste de Xavier, en français : 

thriller / michael jackson : la rentrée en CM2…on avait tous la cassette, on l’emmenait pour l’admirer, on dansait dans la cour, imitait les pas de dingue, c’etait de la folie, on connaissait les paroles par coeur…les ecoles primaires de lorraine etaient retournées par Michael en cette rentrée. Quincy Jones, ca marche toujours, notre fille de 4 ans est fan.
relics / pink floyd : syd barrett a été une vraie révélation à 10 ans. le génie total = sa musique + son pas de retrait définitif. interstellar overdrive ou astonomy dominé sont tout de meme incroyables et ses ballades de purs joyaux.
fatigué / renaud : j’ai écouté le morceau ‘fatigué’ 1500 fois en hurlant ‘fatiguééé’ dans ma chambre avec mon poste vert en métal.
orgasmatron & rock’n roll / motorhead
: le college…Lemmy et sa petite troupe de musiciens hells et leurs épouses cuirassées, cloutées et permanentées dans le parc de Gentilly à Nancy, à 16h, jour de concert, en train de picoler chacun sa bouteille de Jack au pied d’un arbre. la classe intégrale, une lecon de choses. et cette phrase essentielle :  “common babe eat the RICH”
bach / variations goldberg par glenn gould (version 1981) : le rapport ultime entre un cerveau, un doigt, un marteau et une corde. inhumain. le rapport absolu entre un compositeur, un instrument et un interprete. inhumain. au-delà.
beastie boys / check your head : le talent enervant des juifs de brooklyn, une bombe. en live c’etait bien aussi.
stravinsky / satie
: 2 merveilles aux antipodes.
godflesh / street cleaner
: leurs concerts étaient une expérience physique entre 89 et 91. leurs boite à rythme monstreuse, la basse apocalyptique, le rapport guitare-voix viscéral et abrasif…duo fantastique. apres 91 ils ont embauché un batteur et c’etait moins bien.
the magic sound of Fenn O’Berg / Fenn O’Berg
: 3 cerveaux-sensibilités complémentaires + 3 ordis en réseau. le point final à la laptop music peut-être.
$O$ / die antwoord :
le projet des années 2010. tout y est fantastiquement actuel : le son, le flow, l’attitude, l’esthetique, la langue, le degré, leurs gueules et l’urgence surtout. Une espece d’antidote à sarkozy-hollande, au developpement culturel et à montreuil-rue89.

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