Au Midi Festival, première soirée à la villa Noailles

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En musique, le futur n’existe pas, il n’y a que le passé et l’instant présent qui comptent vraiment. C’est un peu la leçon, année après année, du Midi Festival. Tenu dans un des plus beaux endroits du monde, la villa Noailles à Hyères, dont on doit la géométrie impeccable au grand Mallet-Stevens, le festival accueille chaque année une jolie sélection de jeunes pousses, encadrant un ou deux vétérans. Pour l’ouverture de l’édition 2011, on a effectivement pu voir le bon vieux R Stevie Moore, tout en accoutrement post-hippie, jouer un rock aviné de fuzz sorti droit de la période 69-72 et agrémenté d’un bel humour, sous sa barbe blanche de Santa Claus camé. Jolie performance, endiablée à souhait et encadrée par de vraies bonnes surprises. D’abord, le marseillais Johnny Hawaii faisait en ouverture une belle variation planante sur la H-pop de Ducktails & co., tandis que les Anglais Alt-J donnaient dans une pop chic et habitée par des harmonies de plage saturnienne. Jolie performance, dira-t-on encore. Suivie par les jeunots Gross Magic, qui, planqués sous des casquettes, ressuscitent un esprit proto-shoegaze, où se mêlent des relents de Dinosaur Jr et des façons de Slowdive première période, mais avec moins de (pertes de) pédales. Leur dernier morceau sur scène, abrasif, était le meilleur : joué en boucle, chargé de feedback corrosif, il montrait une vraie voie à suivre, lysergique et dynamique.
Le final de cette première soirée à la villa, après Gross Magic, était inattendu : un groupe de Manchester, Christian Aids rebaptisé Stay +, réinventait la rave de nos 20 ans, citant l’esprit de KLF et Underworld mais à travers un brouillard de réverbérations et un mix soignant les espaces vides et lourds. De la dance hypnagogique ? A peu près… Presque renversant, proche du " Wu Lyf effect ", le groupe a suscité plus que de la curiosité : il a ravivé un esprit que l’on pensait perdu, celui de la techno fracassée par une gestuelle punk. Ce qui a toujours pour bel effet de ne pas plaire à tout le monde. Une rareté, ces jours-ci.

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