Un livre pour aujourd’hui : le dieu du 12 d’Alex Barbier
Depuis une première lecture des Lycaons, il y a 10 ans déjà, je suis tombé amoureux (lointain) du travail d’Alex Barbier et de la malédiction qui l’accompagne. Une malédiction à la hauteur des interrogations suscitées par ce qu’il montre : des dessins, de la peinture, des histoires, qui semblent autant de cauchemars (climatisés), autant de visions sombres d’un monde qui n’existe pas – ou attend d’arriver. Ici, les éditions du FRMK délivrent de l’oubli un livre aussi beau, aussi puissant que Les Lycaons, mais dans une veine plus SF, à la façon d’une parodie ludique, mais hantée de ce qui se faisait dans Métal Hurlant, de ce qui se lisait chez Philip K. Dick. Parano ? Sans doute. Mais la beauté de la chose réside dans la grande liberté formelle, l’ouverture esthétique, qui se dessine à chaque page. De facture essentiellement belle, hautement désirable, cette édition tout en toile cachant un intérieur mordoré aux limités du brûlé, est peut-être l’un des plus beaux livres dessinés que l’on tiendra en main cette année. Et ce n’est pas parce que l’on y croise la figure de William Burroughs que j’écris cela.

c’est clair que c’est beau. Les previews sont incroyables.
Pour m’être procurée les deux originaux à l’époque de leur sortie, je confirme le côté (malheureusement) maudit de ces livres sans pareils : on s’y croirait dans un mélange de plusieurs films, disons “Le Festin Nu” de Cronenberg, “Mala Noche” de Gus Van Sant, “A l’ombre de la canaille bleue” de Pierre Clémenti et “Chappaqua” de Conrad Rooks, et c’est probablement pas un hasard que William Seward Burroughs joue dans ce dernier. L’on songera aussi à Michel Bulteau, Adeline et les autres poètes électriques.
Les Lycaons, découvert très jeune (11-12 ans ?) dans une bibliothèque municipale. Je me souviens très bien du sentiment d’interdit qu’il y avait à regarder ces images.
Jlle : bravo pour la référence à “A l’Ombre de la Canaille Bleue”. On trouvera en effet bien des similitudes entre ces deux univers. Mala Noche, même si vraiment magnifique, est assez différent. La déglingue certes, mais beaucoup plus ensoleillée que ces deux monstres de noirceur sublimée.
T.
Alex Barbier sera au Monte-en-l’air ce jeudi 9 pour le vernissage de son exposition, aux côtés d’Eric Lambé, d’Atak et d’Olivier Schrauwen !
Va falloir jongler avec Mariscal à la Galerie Martel…
T.