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Archives mensuelles : avril 2011

 

J’ai cru un moment qu’il ne se passait plus grand chose en bande dessinée et puis la pile à côté de mon lit n’a fait que s’élever, à force d’y mettre de nouveaux livres à lire, achetés ici et là, notamment en anglais. Parmi cette nouvelle moisson très excitante, je remarque surtout deux grands livres : le Capacity de Theo Ellsworth et le Heavy Hand de Chris Cilla. Deux livres de psychédélisme brut, extrêmement travaillés, jusqu’au cordeau de chaque trait, noir. Ellsworth a récemment fait la pochette d’un disque de Flying Lotus que je n’ai jamais réussi à trouver. Pas grave : son livre suffit à remplir les yeux et les oreilles, tandis que celui de Cilla est tout aussi profondément habité. Les autres BD de cette sélection sont tout aussi recommandées : on y trouve de formidables forces d’évocation, d’invocation et même d’invasion de soi.

En ce moment, je rate presque tous les concerts que j’ai envie de voir. Parmi mes excuses, il y a le fait qu’en général, ces concerts se télescopent le même soir (mardi, c’était Oren Ambarchi d’un côté de la ville et Aluk Todolo / Menace Ruine de l’autre…). Ce vendredi, un an après son concert à Villette Sonique, Oneohtrix Point Never joue au Point FMR, avec CFCF & Mondkopf en DJ. Plus Lopatin (alias Oneohtrix) & Ford en DJ aussi : avant de s’appeler ainsi, ils ont sorti un chouette disque de pop synthétique un peu malade sous le noms de Games. En tout cas, les gentils jeunes gens qui s’occupent de la soirée et connaissent bien Mondkopf proposent de faire gagner aux lecteurs de ce blog quelques exemplaires (5) d’un doublon CD +fanzine de Mondkopf tout juste sorti. Alors, comme je ne sais pas bien faire les concours et les questions, je propose de choisir (au hasard dans un chapeau) les gagnants parmi ceux qui auront laissé un commentaire ici avec une liste de cinq disques qu’ils aiment bien écouter en ce moment en regardant un fanzine de leur choix. Le jeu est ouvert jusqu’à vendredi, jour du concert. Ok ?

La typographie grise et quasi argentée, sur fond noir, évoque instantanément les premiers disques de Nirvana, avant Nevermind. Mais, le dessin qui fait office de pochette dit bien que nous ne sommes plus en 1990 mais en 2011, année où l’abstraction organique, les collages et les peintures, les dessins l’emportent sur les photos rock – au moins dans les disques qui m’interpellent. Ici, d’ailleurs, on est plus proche de Earth que de Cobain, avec une continuation de ce que Barn Owl a déjà développé sur une poignée d’albums. Celui-ci est court, fait suite à leur beau et cosmique Ancestral Star, à propos duquel je les interviewais récemment. Sans doute plus instinctif, plus mélancolique, ralenti et triste que le précédent disque, Shadowland s’ouvre sur une série de notes monotones, qui planent doucement, et se dévoile progressivement plus dense et tendu. Monolithe se dépeçant lui-même, Shadowland brille en diffusant une légère réverbération élégiaque, belle et tendre, réchauffant doucement les synapses à la manière d’un soleil pastel. Barn Owl jouera à Saint Ouen bientôt, avec Jefre Cantu-Ledesma et Stephen O’Malley.

Dans le cadre du cycle de concerts alterminimalistes organisés au couvent des Bernardins par David Sanson, il faut à tout prix aller voir et écouter Oren Ambarchi, guitariste dont j’affectionne particulièrement les touches minimales, les esquisses de son, les vibrations presque mélodiques. La bonne nouvelle, c’est qu’avant lui, la salle accueille un duo qui a tout pour plaire : Quentin Sirjack et Steve Argüelles. Bonne soirée, en perspective : des infos par ici.

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