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Archives mensuelles : mars 2011

Sous-label de Not Not Fun, spécialisé dans les maxis à l’ancienne avec pochette générique au dessin très 80′s, 100% Silk a déjà sorti quatre disques. La musique du label est supposée être une version plus dansante que celle qui sort sur Not Not Fun. Mais, s’il faut en croire les vinyles signés Maria Minerva ou The Deeep, on est dans une boite de nuit au ralenti. Etrangement vidée de sa substance dansante, mais aussi excessivement belle, emplie d’une poussière moite à l’image des dix minutes hypnotiques de la face A de The Deeep, l’esthétique du label fait songer à la musique d’un club imaginé depuis une chambre d’une banlieue de L.A. où l’on aurait accroché des images pixelisées des clubs mythiques de New York, Londres, Paris.

Vos meilleurs amis, parfois, sont des disques ou des livres – des films aussi, mais plus rarement parce qu’ils sont trop partagés par d’autres. Un disque, un livre, ça ne parle qu’à soi et lorsqu’on peut s’y perdre, surgit aussitôt la même impression de perte qui existe dans une conversation avec un ami, un amant, une figure qui passe. Metal Mountains, à la première écoute dans un magasin de la rue Keller, m’a fait cette impression de renouer avec quelqu’un que j’aurais aimé revoir plus tôt et qui réapparaissait, bavard, intime, scélérat comme avant. Une voix, des guitares, des échos électriques, des synthés épars, une atmosphère alanguie mais psychédélique : cet album, mené par des anciens du groupe freak folk Tower Recordings, évoque la même fragilité qui habitait les deux premiers, beaux et sidérants, albums d’Espers. Mais en moins techniquement maîtrisés, moins sentimentalement démonstratifs : ici, on est dans un non-dit, un non-joué presque, qui laisse place à un imaginaire où se bousculent les arrangements fantômes, les réverbérations, spectres et contrastes, les couleurs sonores lentes. Peu de soleil, peu de lumière, mais un tourbillon plutôt doux, qui ramène au rêve, aux noctambules. Un disque pour renouer avec les disques, lorsqu’on les a bien connus, aimés, abandonnés, repris, aimés à nouveau.

Je me souviens avoir passé ma journée à tenter de trouver ce Libé, épuisé partout et fini par mettre la main sur un exemplaire un brin fatigué avant la fin de la soirée. Et aujourd’hui, en rangeant une pile de journaux, je suis tombé dessus, 20 ans plus tard (et aussi sur quelques autres Libé fameux…). Libé était alors le meilleur journal du monde, le seul qui parlait de tout et pouvait consacrer 20 pages à la mort de Gainsbourg, avec une interview post-mortem tombée du ciel. Gainsbourg était alors un des héros de ma jeunesse lycéenne, je l’avais même vu en concert, au Zénith et j’en garde un beau souvenir. Alors, voilà, 20 ans plus tard, j’écoute encore Gainsbourg, je lis toujours Libé.

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