J’ignorais posséder autant de souvenirs de Blake Edwards
Apprendre la mort de Blake Edwards m’a fait penser que j’en avais souvent parlé avec Blutch. Mon SMS lui a appris la nouvelle, et sa réponse a été immédiate. En y replongeant, je me suis souvenu que nous avions surtout parlé du Blake Edwards méconnu, celui des interstices entre les épisodes de la série La Panthère Rose, mais sans être non plus celui, exactement, de Breakfast at Tiffany’s. Il y a eu, au fond, je m’en rends compte en regardant sa filmographie, plusieurs moments dans sa carrière, et peut-être autant de personnalités qui s’appelaient Blake Edwards. De la liste, certains titres dont j’avais oublié qu’ils étaient de lui ressortent : Experiment In Terror, SOB, Ten,.. Et aussi celui-ci : The Tamarind Seed – un film très marquant, avant même d’avoir pu le voir : sorti en 1974, ce film avec Omar Sharif et Julie Andrews, jouait à Beyrouth en 1975 dans un cinéma situé en bas des grands hôtels de la ville, dans une descente menant vers la corniche et la mer. Un endroit qui a été un champ de bataille dès cette année-là : le cinéma définitivement fermé, la zone entièrement désertée, il ne restait plus que l’affiche de ce film trônant à l’horizontale, redessinée comme souvent à l’époque d’après nature. Elle resterait là pendant une dizaine d’années au moins, je crois. Nous passions souvent en voiture par là, dans cette zone sans vie et, à chaque fois, je guettais cette affiche, le profil d’Omar Sharif, celui de Julie Andrews, me demandant ce que pouvait bien signifier ce titre, ce qu’était cette histoire. Aujourd’hui, j’aimerais trouver une photo de cet endroit, du cinéma qui n’existe plus et de l’affiche demeurée là des années durant. C’est ainsi que l’on construit des fantasmes et je n’ai réussi à voir le film que 20 ans plus tard, au moins. Il ne m’a pas déçu. Blake Edwards ne m’a jamais déçu.

Sublime histoire, joe.Jamais pu voir ce film, je m’en vais chercher ça sur le net