Archives mensuelles : novembre 2010
Les éditions Caedere à la librairie Le Divan le 17 novembre
J’écoute Gene Clark
Des bribes de Lièges
Vous aimez (vraiment) les albums de Fripp & Eno ?
Je vous aime, aimez-moi aussi
Vendredi dernier, le petit festival autour de Demons, Wolf Eyes et quelques autres, qui se tenait à Paris, a été l’occasion de découvrir un joli duo formé par Joseph Hammer et Bill Kouligas. Ce dernier est aussi un artiste, il produit des disques sous le nom de Family Battle Snake et possède un label encore modeste, mais à la réputation grandissante, ne serait-ce que grâce à ses pochettes, sublimes et élaborées avec soin. Ensemble, Hammer et Kouligas ont joué une musique faite de réverbérations, de drones électroniques, de bruits analogiques et de voix s’immiscant dans le mix, se déroulant à la manière d’une rêve bloqué entre deux neurones ensommeillés. Leur musique était touchante, notamment lorsque Hammer, le plus âgé des deux, qui manipulait à la fois un ordinateur et une machine à bande, donnait l’impression d’injecter des chants lointains enregistrés sur une radio en retrait de toute vie solide. Légèrement affecté par cette écoute, j’en ai profité pour acheter un vinyle de Joseph Hammer, sorti sur le label de Kouligas, au doux nom de I Love You Please Love Me Too. On y entend deux morceaux par face, constitués de collages de boucles : bruits, voix, drones entremêlés forment des paysages sonores pénétrants, à la manière d’une séance d’hypnose mêlée de spiritisme. On reconnait la voix de Nat King Cole, répétée inlassablement, sur un motif de piano sans lumière. Au bout du disque, on est pris par une étrange mélancolie ivre, celle d’avoir été au milieu d’un bel événement dont on regrette déjà de n’avoir pas tout saisi. Joseph Hammer, inconnu ici jusqu’à ce disque, n’est pas un bleu : il fait partie de cette communauté de musiciens et de groupes, la Los Angeles Free Music Society, qui sort des disques incroyables depuis les années 70 et que l’on redécouvre progressivement, notamment en France. Son disque, après son concert en duo, va droit au coeur. C’est rare, et beau.
Je reprends de la Tarthopom de Jean Cohen-Solal














