Qui se souvient de ce si bel album ?
Dans les années 90, Labradford était le groupe qui me parlait le plus. Je me souviens avoir acheté leur premier album chez Rough Trade, comme ça, sur la foi de la pochette et de la couleur des vinyles. Je l’ai mis sur une cassette, que j’écoutais en boucle sur un walkman. il m’arrivait de le faire écouter à une fille, qui n’y comprenait rien Dommage, on aurait pu être vraiment amis. Ils ont joué aux Instants Chavirés et c’était magique : ils avaient guitare et synthés analogiques, et ils s’en servaient déjà comme le feront tous les groupes de 2010. Je me rappelle, ensuite, de l’album suivant, puis du troisième (c’est pour celui-là que je les ai interviewés la première fois : au téléphone, dans le bureau de leur label parisien, Labels – c’est Mark que j’avais au bout du fil). Ensuite, pour Mi MEdia Naranja, leur plus beau disque, on m’a mis dans un van avec eux et nous avons passé 4 ou 5 jours en France, avec Bruce Gilbert qui ouvrait pour eux. Dans le van, on regardait en boucle Shining, en écoutant Scott Walker et Talk Talk, en discutant avec Adam, leur ingénieur du son, qui était aussi la moitié de Stars of the Lid. A la fin, ils m’ont dit un truc du genre : “tu fais partie du groupe maintenant”, en m’offrant un t-shirt, un CD. Quelques jours plus tard, je les retrouvais à la maison de la radio pour une Black Session fabuleuse : la seule fois où ils ont fait un rappel, à ma connaissance – et le rappel m’était dédié, la seule fois, “this song is for our friend, Joseph”. Le genre de truc qu’on n’oublie pas, absolument pas. On est resté longtemps en contact. Ils ont été les premiers à me faire jouer sur scène en me proposant de faire quelque chose en première partie de deux journées de concerts au Batofar, en juin 1999. Quelques mois plus tard, à New York, j’ai eu la chance de voir un concert de Bobby, leur bassiste, en solo à la Knitting Factory. On était peut-être 20 dans la salle, mais le concert était beau, bêtement. Ensuite, on s’écrivait. J’ai adoré leur dernier album, jusqu’à les perdre de vue, et retrouver Carter, là où on retrouve tout le monde, sur Facebook. Et le rater récemment à Paris. Ce soir, je regarde un DVD de Mogwai, que je trouve beau, mais qui m’évoque Labradford. Sans doute parce que la seule fois où j’ai interviewé Mogwai, ils m’ont dit à quel point Mi Media Naranja comptait pour eux. Alors, dans le DVD, dans les images de concert, j’essaie de retrouver les images de ces quelques jours de tournée, Bordeaux, Paris, Reims, je ne sais plus. Mais j’entends toujours Mark qui chante, la voix derrière sa guitare, au fond de la musique, arrondie dans le creux.

Je partage ton opinion, c’est du beau travail.
Beau et émouvant texte pour parler de choses “que les moins de vingt ans qui ne peuvent pas connaitre”, ou réellement apprécier (j’abuse et je provoque là) :
Labradford, K7, walkman, pochette, vinyles, Scott Walker, Talk Talk……..Merci pour ce moment poétique remplis d’émotions que tu partages !!!!
A + +
Je me souviens du choc à l’écoute de leur troisième album, mis dans la platine, certainement sur la foi d’une tes chroniques (Magic !, Les Inrocks ?) Un choc sourd, pas une déflagration, disons plutôt une stupeur, que seuls The Durutti Column, Autechre et Coil avaient pu provoquer auparavant. C’était l’automne, le temps était le même qu’aujourd’hui, et “Pico” me fait toujours le même effet.
le morceau qui t’était dédié commençait avec un sample de grillons que le bassiste avait enregistré chez lui, il était assez différent de leurs autres morceaux, assez dépouillé presque nu, pas improvisé mais pas trop travaillé, le clavier s’était excusé parce que le rhodes n’avait pas fonctionné – la session était filmée mais je ne sais pas si il y a eu un résultat, à une époque ils ont demandé des remixes pour un album qui n’a jamais abouti, au batofar ils avaient fait jouer dave pajo en solo, certainement un des meilleurs moments de ces années à Paris, y’avait personne à cause d’une grève
C’est drôle parce que chaque fois que je réécoute Piano (pas souvent, mais de temps en temps quand même ces dix dernières années), ce morceau me fait penser à toi, sans pourtant rien savoir de cette histoire de van et de rappel. Je t’ai toujours identifié à Labradford (et à certains Autechre, aussi). Pour Anti Midas Touch des Wolfhounds, il y a une compil cd chez Gibert, mais j’imagine que c’est le 45trs d’époque qui te fais envie, n’est-ce pas?
J’étais aussi à ce concert des instants, un concert Ortie je pense, donc je devais avoir accueilli le groupe dans l’après midi, je me souviens avoir accompagné le clavier aux puces de Montreuil, je ne sais plus si on avait trouvé quelque chose, en tout cas c’était un bon moment et un bon concert.
j’étais à la black session tiens
Je me souviens du concert avec Bruce Gilbert en première partie, qui mangeait une banane sur scène pendant que des sons était diffusés via la console. C’était marrant, et un super concert de Labradford.
Je me souviens bien de la soirée au Batofar, ce fut une bien belle soirée. D’une autre aussi, un peu plus tôt, vers septembre 98 à l’Arapaho, où le live de Labradford avait été moins réussi. J’aime tous leurs disques, c’est bien à toi que je le dois, à tes articles dans Magic ! Je ne savais pas que tu avais été aussi proche d’eux, quelle chance !!!
Mon album préféré reste “A Stable Reference”, “Mi Media Naranja” et leur LP éponyme sont juste derrière… “Fixed::Context” est très beau aussi, le premier morceau du disque me semble directement inspiré du “He loved him madly” de Miles Davis… Tiens, au moment où j’écris ça, un sublime split 12″ de Pan American sorti sur Fat Cat me revient en mémoire…
Je crois que mon préféré reste A Stable Reference, je me souviendrais toujours du coup de froid ressenti sur l’écoute du premier titre MAS, et de la noirceur de Streamlining.
J’aime bien aussi Fixed::context, sur certains passages j’ai l’impression de voir les groupes construire les morceaux note par note …
Je me souviens du concert à l’arapaho avec Pan american en première partie . Robert était venu m’accueillir pour l’interview . Je me souviens avoir pensé à un enterrement où je suivais lentement le cortège mené par un fiacre (?!).
Je me souviens d’un autre concert à l’usine à Reims , où il me semble que c’était mark qui fêtait son anniversaire , j’ai fait une autre interview en buvant du champagne … Je me souviens aussi que la première fois où j’ai rencontré Stuart de Mogwai (inrocks 97 Lille ) , il mangeait sa soupe en répondant à nos questions stupides , il arborait un t shirt labradford (3ème album) …
Si quelqu’un ici avait une copie de la black session , je lui serai grandement reconnaissant de prendre contact avec moi pour un deal .
purée, merde, mais je l’avais, cette black session, enregistrée sur cassette. qu’est-ce que j’ai pu l’écouter, put**n!!!! en revanche, aucune idée où elle peut traîner!?!? j’ai aussi récupéré le contact de carter (brown) qui habite à madrid maintenant, aux dernières nouvelles. il m’avait chopé qq disques (du éliane radigue surtout, il me semble me souvenir) l’année dernière. au pire, y aurait sûrement toujours le moyen de choper ça par lui, j’imagine.