J’écoute The Tongue d’Alvaro
Ne jamais oublier qu’un disque, ça prend du temps. A être fait, à être entendu. Au fond, ce qui prend le moins de temps à un disque, c’est d’être écouté : ça prend juste le temps de la musique. Mais ce qui est intéressant, c’est ce qui reste ensuite, après la fin de la musique. Ce qui reste d’entendu, au fond de la tête. Un disque, ça peut s’écouter distraitement, et donner l’impression de la nonchalance, de la frivolité, de l’oubli rapide. Pourtant, il suffit, parfois, d’en remettre une seconde ou deux pour qu’immédiatement, tout revienne aux oreilles, à la surface, que la musique agisse directement au cerveau, pour mettre en éveil et faire comprendre que tout cela a toujours été là. C’est le cas d’albums écouté peu de fois, mais qui à chaque écoute ressurgissent vivants : Rock Bottom de Robert Wyatt, Fear of Music de Talking Heads, Poem Of The River de Felt, etc. Je ne veux pas dire que cet album d’Alvaro (The Tongue, édité par le magasin Bimbo Tower) est de la même importance que les trois autres cités ci-dessus. Mais il a en commun avec eux un même sens de la musicalité furtive, alliant bruits et mélodies dans une enveloppe rocailleuse, stratifiée et spatiale, où le silence est souvent présent, à la manière d’un instrument supplémentaire, marquant la profondeur du champ, et du chant aussi. Celui-ci est enveloppé dans des arrangements épars, jamais bavards, frisant le lo-fi, où se croisent percussions sèches et orgue planant, basse rondement présente, mais aussi tout discrète. Huit morceaux au total, quatre par face : un album à l’ancienne, ou plutôt à la manière de ceux des années 1980, tenant en un seul vinyle, racontant une histoire portée par la force vive de la voix. Car, ici, tout tourne autour de celle d’Alvaro. On le dit Chilien, ce qu’il est sans doute, mais sa manière de chanter est au-delà de sa nationalité ou de son origine. Elle est juste, placée là où il faut, touchante et sensible, presque légère, pour parler de choses qui heurtent, bien au fond. On est là dans quelque chose de quasiment mystique, spirituel, habité. La pochette, au contraire, est déglinguée, vieux collage fatigué, mais qui sied si bien à cette musique tenant de rien, à si peu d’éléments placés avec fragilité. Voilà, encore un disque qui aurait pu passer inaperçu, si, par hasard, on ne l’avait pas remis sur la platine, pour en avoir le coeur net. Et le coeur en est ressorti embelli d’une aventure sonore nouvelle, affectueusement terrassée et qui exige que l’on écrive à son propos, qu’on la partage.

Rien à voir mais Google, via Blogger, a détruit mon blog, CroCnique, snif !!!
Désormais, ça se passera donc là :
http://crocnique.wordpress.com/
PS : Joseph, je jure sur la tête de Burial que j’ai testé tous les thèmes proposés par WordPress mais je n’y peux rien si tu as choisi le plus lisible !
Hello Crocnique, je comprends mieux pourquoi ?
F..k à Google, f..k à Blogger !!!
Bonne continuation à toi……..
Est-ce un hasard si deux des trois albums cités sont parmi les quelques rares disques les plus importants de ma vie ?
Crocnique, c’est quoi cette mauvaise blague ? Pourquoi blogger a t-il détruit ton blog ?
Oui, c’est quoi cette histoire ?? Crocnique, dis-nous tout…
Une sombre histoire de major qui n’aime pas les mp3s, j’imagine !
ah Alvaro ! d’ailleurs son mythique LP “Drinkin My own sperm” (qui lui a valu de figurer sur la liste Nurse With Wound) est un indispenable dans toute discothèque se respecte. ça fait plaisir de savoir ce grand farfelu toujours en activité. Un film lui avait été consacré mais je crois qu’il n’a jamais été diffusé en France. Dommage.
http://www.popnews.com/blog/397/alvaro-the-chilean-with-the-singing-nose-au-cinema/