J’écoute deux compilations françaises : La Station Radar et Flottante Tension d’Eclipse

Prendre position, écouter et défendre les groupes d’ici, au même titre que ceux d’ailleurs. Voilà ce qui s’entend dans ces deux compilations, et qui donne envie d’être là aussi, ici. La première est un beau vinyle, sortie pour fêter les 10 ans du label SDZ Records. Elle est dynamitée d’un bout à l’autre, rock, punk, folle. On y entend au moins quatre morceaux frappants, deux par face, sur un ensemble quasi parfait de 13 chansons mordantes. Face A : Alan Courtis ouvre le disque, avec une construction sonore presque concrète, qui pose l’atmosphère. En bout de face, un morceau de Cheveu, toujours parfait, comme sorti d’un garage à peine électrifié. De l’autre côté, en milieu d’écoute, une bombe punk signée Pierre & Bastien est une des plus drôles diatribes acerbes et acides sur l’époque contemporaine, entendue depuis longtemps. Son titre ? “RMI”… Finalement, en fin de disque, il y a une comptine titrée San Francisco Poet signée Electric Bunnies et qui aurait pu être sortie sur un disque d’acid-folk par ESP-Disk vers 1968.

L’autre disque est éditée par l’excellent label La Station Radar et ne porte pas d’autre nom. Il est plus long, comporte davantage de groupes, mêlant les nationalités, mais sans donner de détails ou de pistes, comme pour laisser la musique parler, seule, à qui voudra bien l’écouter. Elle est comme une carte sonore de ce qui se fait en ce moment, comme une tranchée de strates, faite en plein coeur de la modernité musicale, une inspection de myspace et tous les autres sites où se postent en permanence des milliers de morceaux. Ici, ils sont choisis, mis en une séquence singulière. On y apprend à connaitre des inconnus, comme les turbulents Blessure Grave, dont on aimerait avoir, vite, d’autres nouvelles.

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