Je bois Instant Coffee comme du petit lait
Depuis un mois ou deux, depuis son arrivée à la maison, je n’arrive pas à ranger cet album, à m’en départir, à me dire qu’une fois écouté, il irait rejoindre les autres, pour ressortir je ne sais quand. Il a été enregistré par Instant Coffee, un trio dont fait partie MC Schmidt, une des moitiés de Matmos. Mais, contrairement à la musique de ce dernier groupe, celle de ce trio est moins composée, structurée par ordinateur : elle est improvisée, organique, se laisse gonfler pour habiter progressivement l’espace et le moment. Plusieurs instruments y virevoltent pour créer des nappes de son, des paysages structurés en leur milieu par une contrebasse doucement enflée. Il y a de la joie et de la mélancolie mêlées dans cette musique improvisée, à la manière d’une valse ralentie, jouée en bout de nuit, jusqu’au moment du lever du soleil, dans les tranchées.
