Je suis dans Sylvester Anfang et Hellvete
Certains disques (certains livres, certains films) vous absorbent parce qu’ils contiennent tout ce qui vous compose intimement, tout ce que vous cherchez constamment, partout, tout le temps. Ils abritent en un même mouvement frontal l’ensemble de la matière qui vous plait, sans la moindre faute de goût ou de style. Tout y est, rien n’y manque, presque rien, quasiment rien. De Sylvester Anfang II, groupe venu de Belgique, on dit qu’il sonne comme un Amon Düül contemporain, mêlé de sonorités doom et de relents folk (mais ça, c’est plutôt pour la version du groupe qui omet le “II” de son nom, et dont j’ignore si elle existe encore). A l’écoute du dernier album de cette formation, je suis plutôt saisi par la beauté singulière de la chose, qui fait écho, effectivement, à plusieurs traditions mais se révèle surtout emplie d’un psychédélisme immédiatement prenant : on y est dans la répétition et l’élévation, l’hypnose et le déroulement brutal d’un temps noir, sombre, d’un rock qui se joue au plus près des nerfs et des vacillations de l’oreille. Sylvester Anfang II joue dans une cour où se déroule une messe noire, mais cela on le sait à cause des collages de la pochette du disque, jouant sur l’imagerie d’une série B seventies occulte. Sans ce bestiaire affiché, on se contenterait de la musique, tout à fait brûlante, qui mériterait d’être entendue aussi largement que celle de Sunn O)))ou Wolf Eyes. Sylvester Anfang II est aussi essentiel pour l’époque que ces derniers groupes, et sans doute encore plus essentiel par ses liens soniques avec des groupes comme Barn Owl et Sun Araw ou la scène autour des labels californiens Not Not Fun ou Root Strata. On sent bien, chez ces Belges hantés, que le drone psychédélique, mâtiné d’échos folk, est une musique nourrie par la même folie que l’hypnose post-tropicaliste et hypnagogique des fous furieux de L.A. et San Francisco. Et tout comme ces derniers, Sylvester Anfang II se dévoile comme un centre à partir duquel se développent des projets comme celui d’Hellvete, membre du collectif dont l’album solo en vinyle sonne comme un miracle de drone folk planant, comme le rêve moite d’un amateur de psyché acide et industriel, ayant traversé le temps pour atterrir en 2010 : il aurait tout aussi bien pu naitre en 1974 – On s’y perd avec plus d’intimité encore que dans les disques du collectif dont il est issu. Deux disques grandioses, qui méritent qu’on y passe du temps, dans le noir complet.


Des nichons et des crânes, ça marche toujours !
salut Jo,marrant que t’es pas cité SUNBURNED HAND OF THE MAN (surtout les premiers opus comme jaybird,wild animal,headdress etc…) car je trouve que la comparaison est flagrante…sinon dans le genre il y a aussi les anglais de GNOD qui pointent le bout de leur nez.