Pour sa livraison 2010, la revue annuelle DMPP (qui se dit Almanach, éditée Hoochie Coochie) consacre tout son coeur à l’oeuvre de Charlie Schlingo, auteur disparu récemment, qui avait eu droit l’an dernier à une belle biographie signée Teulé / Cestac et à des rééditions soigneusement faites par l’Association. Ici, la revue publie quelques bandes très pertinentes et fortes, qui accompagnent des textes sensibles et documentés sur Schlingo dont on redécouvre à la fois la puissance et l’étendue de l’oeuvre, assez incomparable et inclassable. Au fond, ce qu’il faisait tenait sans doute autant du pastiche que de l’hommage à des bandes comme Krazy Kat, filtrées par une vision acide, punk, comme prenant appui sur un réel perçu comme désarticulé. Ailleurs, DMPP propose quelques belles pages dont une jolie suite faite par JM Bertoyas, une BD de Marthes Batori, et surtout des planches assez irrésistibles de Gautier Ducatez (qui ponctuent l’ensemble de la revue avec un vrai faux polar étrange) et surtout l’étrangement pathétique histoire de Gérald Auclin qui, titrée les Illusions, rassemble en peu de pages tout ce qui habite l’esprit perturbé de n’importe quel homme vieillissant, délaissé et ayant fortement envie de sa voisine, quelle qu’elle soit.
Je redécouvre Charlie Schlingo grâce à DMPP numéro 6
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