Archive

Archives mensuelles : mars 2010

Trouvé ce souvenir de Robert Fisk, qui aurait pu être le mien. Ce qu’il raconte se déroule un jour dont je me souviens aussi bien – ou aussi mal, que lui.

“Did I see a woman burning to death outside the Myrtom House restaurant? I know I did, back in 1983; a woman trapped in her vehicle after a car bombing, cremated alive in front of our eyes as a young French soldier tried to tear off the door, leaving just a skeleton, the skull turned accusingly towards us. But I stand on the same road today and cannot believe my memory. There are brand new glass-fronted tower blocks on one side of the road, a repainted school and an international bank on the other, the highway resurfaced so that no trace of shrapnel remains. Only my memory holds the truth. Thus is history erased as Beirut is rebuilt.”

Gabrielle Bell travaille dans la veine d’Adrian Tomine : ses dessins, ses histoires, sa manière de mener un récit semblent prennent racine dans l’esthétique développée par Tomine. Son détachement et la peine nostalgique qu’elle déploie souvent dans ses histoires prennent, eux, leurs racines dans le Ghost World de Daniel Clowes et, peut-être aussi, dans certains livres de Debbie Drechsler, comme Summer of  Love où les années d’adolescence sont évoquées avec une double dose de plaisir et d’embarras, de jubilation et de tristesse. Gabrielle Bell, parmi ses influences fortes et dont il est difficile de se départir, réussit à trouver un chemin justement médian en se contentant de livrer des récits courts, des historiettes plutôt que des grandes histoires. De fait, son livre s’organise bien, à la manière d’un disque dont on saurait que les morceaux ont tous quelque chose en commun, mais sans trop savoir quoi exactement – et sans avoir vraiment l’envie non plus de chercher très loin. La comparaison avec la musique surgit d’ailleurs d’un coup lorsqu’au début d’un des récits, une jeune fille tente de reprendre un morceau de Neil Young, Helpless. Au fond, Gabrielle Belle dessine des histoires qui auraient pu être des chansons courtes, idéalement jouées par un groupe comme Pavement.

Le travail d’Eric Pougeau est un des plus touchants que je connaisse, d’une tension rare, d’une violence rentrée et sourde, mais bien présente. Son livre, Fils de Pute, est essentiel pour quiconque s’intéresse à l’écriture, la littérature, l’art contemporain. Eric a une nouvelle expo (je sais qu’il souffre beaucoup à chaque fois qu’il en conçoit une) et j’ai raté son ouverture, mais je vais trouver le temps d’y passer du temps. Ses dates : 11 mars-4 avril, son titre : “Mon Amour”.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 44 followers