J’ai lu Cecil et Jordan à New York de Gabrielle Bell
Gabrielle Bell travaille dans la veine d’Adrian Tomine : ses dessins, ses histoires, sa manière de mener un récit semblent prennent racine dans l’esthétique développée par Tomine. Son détachement et la peine nostalgique qu’elle déploie souvent dans ses histoires prennent, eux, leurs racines dans le Ghost World de Daniel Clowes et, peut-être aussi, dans certains livres de Debbie Drechsler, comme Summer of Love où les années d’adolescence sont évoquées avec une double dose de plaisir et d’embarras, de jubilation et de tristesse. Gabrielle Bell, parmi ses influences fortes et dont il est difficile de se départir, réussit à trouver un chemin justement médian en se contentant de livrer des récits courts, des historiettes plutôt que des grandes histoires. De fait, son livre s’organise bien, à la manière d’un disque dont on saurait que les morceaux ont tous quelque chose en commun, mais sans trop savoir quoi exactement – et sans avoir vraiment l’envie non plus de chercher très loin. La comparaison avec la musique surgit d’ailleurs d’un coup lorsqu’au début d’un des récits, une jeune fille tente de reprendre un morceau de Neil Young, Helpless. Au fond, Gabrielle Belle dessine des histoires qui auraient pu être des chansons courtes, idéalement jouées par un groupe comme Pavement.

Encore un dessinateur que je connais pas. La façon que tu as d’en parler (ou de l’écrire) me donne vraiment envie de la lire, comme souvent d’ailleurs. Je te l’ai souvent dis, tu es excellent “donneur d’envie” ! Et avec Pavement et le loner Neil Young en référence, plus “Ghost Worl” et Adrian Tomine…
J’espère que tu pourras venir à la Comédie du Livre de Montpellier pour rencontrer Gabrielle Bell.