J’écoute les disques et les Fake Tapes de la Station Radar
Je ne me souviens pas d’un moment aussi prolifique que ces dernières années pour la musique : un moment où un petit label perdu quelque part en France peut se permettre de sortir des disques d’une beauté fulgurante, en vinyle et en CDR – les deux formats (avec le mp3 au milieu) qui disent le mieux les recherches et contradictions de notre époque parcourue par tant de tremblements. Ce label, Station Radar, a sorti quelques albums en vinyle, qui m’évoquent la belle indiscipline des débuts de certains labels indie comme Glass : on y trouve du folk et du bruit, de la pop et du lo-fi. Les vinyles sont très beaux, notamment celui d’Ela Orleans, le doux Lost, tout en subtils acharnements intimes proches de l’univers sonore de David Lynch. Il y a aussi chez ce label une série de Fake Tapes : des CDR dans une pochette évoquant celle d’une cassette photocopiée et aplatie. Ce sont en quelque sorte, les singles des temps modernes : petits de taille, ils contiennent une poignée de morceaux commis dans l’urgence. Mon préféré du lot est celui d’Astral Social Club : un seul morceau de boucles brûlées et déphasées, tout en hypnose légèrement saturée. Entre ce disque et celui d’Ela Orleans, il y a comme des mers d’écart, mais aussi d’étranges connivences inattendues : tout ce que j’aime.

Merci !
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