Un bel oublié de 2009 (2) : Psychic Funeral d’Expo 70
Rien de plus simple que d’oublier des disques. En 2009, il y en avait trop à retenir. Passés à l’as : Sonic Messenger et Psychic Funeral d’Expo 70. Sous ce pseudonyme de groupe, il n’y a qu’un seul musicien, un américain du Texas, qui explore depuis quelques années des musiques que l’on pensait réservées à l’Europe des seventies, à la clique autour d’Ash Ra Tempel et Cluster / Harmonia. Mais le bonhomme, Justin Wright (il n’y pas moins allemand comme nom), possède sans doute un sens du transport temporel lui permettant de s’échapper en 1071/1972/1973/1973 à peu près tous les jours, à peu près à chaque fois qu’il touche une guitare ou un synthétiseur Moog. Son Psychic Funeral est un double CDR sorti par le label Français Ruralfaune (je vous recommande tout ce qui y sort) à 75 exemplaires faits à la main sous une pochette post-psyché, post-odyssée de l’espace, post-pyramidal. Sur chaque CD, un seul morceau de 18 minutes, planant et triste, tout en intériorité et contemplation interne. Le genre de morceau que l’on écoute seul, qui ne se partage pas, que personne d’autre que soi, fatigué, ne peut comprendre. que peut-on jouer d’autre à des funérailles ? Jean-François Bizot avait demandé un jour à ce que l’on joue le Disco 3000 de Sun Ra : je ne sais pas si l’on a respecté sa volonté, mais il aurait peut-être bien aimé entendre, un jour, les entrailles mélancoliques d’Expo 70. Elles auraient bien leur place dans cet Actuel des temps modernes qui n’existera jamais.

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