J’écoute Grosses Wasser de Cluster (1979)

Certains disques vous accompagnent longtemps avant de se dévoiler vraiment. Durant ces 15 dernières années, j’ai dû acheter Grosses Wasser 3 ou 4 fois, en autant de rééditions différentes, avant d’y pénétrer vraiment il y a quelques jours en trouvant un pressage en vinyle, qui fait bien la part des choses entre la Face A aux morceaux courts, joyeux et le long morceau de la Face B, mené par un piano, des drones électroniques et un beat en milieu de course, bancal et beau. Je suis si souvent revenu à ce disque parce que je voulas comprendre : il était dans une playlist dressée par Alex Patterson (The Orb) parue dans un numéro de Volume (le magazine à CD anglais, pas l’éphémère mensuel musical des Inrocks) dans les années 90. La liste mettait en avant des disques que Patterson mixait dans ses sets chill-out et il y avait par exemple un de mes albums préférés, the World Is A Ghetto de War et je ne voyais pas exactement la logique entre War et Cluster. Aujourd’hui, je la perçois bien mieux et les sons de cet album de Cluster me ravissent pleinement.
Excellente liste. Il y avait aussi l’album de Ry Cooder & V.M. Bhatt à la Veena (A Meeting by the River) à propos duquel Alex Patterson était vraiment très enthousiaste. Ouverture maximale et excentricité non feinte de cette frange de musiciens anglais.
T.
Ah oui, très envie d’écouter A Meeting By The River d’un coup, que je n’ai pas eu l’occasion d’entendre depuis au moins 10 ans… ça se trouve quelque part ?
Effectivement cet album de Cluster est difficile à percevoir, plutôt décousu sans l’homogénéité des précédents, et laisse surtout paraitre quelques avancés vers une stérilité “ambient / new age”, mais il donne l’impression d’un mystère à percer dont le code est perdu.
en tout cas la pochette est l’une des plus sublimes qui soit dans un registre minimaliste.
moi en ce moment c’est “Sowiesoso” qui m’hypnotise tous les jours.
Pour l’album de Ry Cooder et V.M Bhatt cela doit se trouver en CD a priori.
A propos d’Alex Paterson, ne pas oublier qu’il fut également le directeur artistique d’EG Records, pourvoyeur des albums fondamentaux de Jon Hassel et Brian Eno au début des années 80. Sur le même label je voudrais signaler l’album de Pictures, projet éphémère de John Rocca et Andy Stennet qui cartonnaient alors (83) avec le tube freestyle/electro IOU (sous le contrôle d’Arthur Baker et John Robie). Ce disque a complètement disparu de la circulation et n’a même jamais été réédité en CD. Pourtant il est remarquable de bout en bout, mélangeant avec succès, rock-prog à la sauce Canterbury, effluves d’Electro, chansons poisseuses voire carrément glauques et dépressives, chant choral et plastique, recours massif aux sonorités de l’Oberheim OBX, sons concrets et fines textures, traitement multiples des voix…, le plus original et onctueux restant selon moi l’utilisation de rythmiques orientales et de la Darbouka sur pas mal de morceaux. A (re)découvrir.
T.