On meurt à 38 ans, Jack Rose est parti.
Difficile de débuter une journée avec une nouvelle aussi triste. Jack Rose est parti, il avait notre âge (comment peut-on mourir à 38 ans ?), il était notre John Fahey, celui qui jouait de la guitare avec une élégance et une puissance inédites, enracinées en Amérique mais cosmopolites, toujours aériennes. Dans les années 90, Jack jouait avec Pelt et les disques de ce groupe résonnent encore comme les plus pénétrants et les plus incompris de la frange freak-folk/freak-drone. Jack surtout jouait seul, après Pelt. Ses disques d’Americana auraient dû faire chavirer les coeurs, renverser les esprits : ceux qui les ont entendus en sont encore bouleversés, parfois même anéantis. Jack Rose avait 38 ans, il était avec Ben Chasny de Six Organs of Admittance, l’autre grand guitariste de l’Amérique des années 2000. Un hobo moderne, qui savait poser dans son instrument acoustique tout le bruit et toute la délicatesse du monde, qui pressait des vinyles à 10 exemplaires pour financer son besoin de partir en tournée. L’un de ses CD était aussi un de mes premiers offerts à Sarah, parce qu’elle en aimait les tonatilés orientales; Michel et moi l’avions vu jouer aux Voûtes et j’étais fatigué ce soir-là; nous avions joué aux Instants Chavirés dans le même festival que Pelt et je garde des images vives de leur concert; Frédéric m’en avait souvent parlé parce que j’ai un exemplaire du disque de Jack Rose sur le label Archive. Il est parti, alors qu’il venait de terminer un album pour le label Thrill Jockey, mais il est encore temps de trouver ses disques, tenter de rejouer ses morceaux. Dans 30 ans, on en parlera comme on évoque Nick Drake, croyez-moi, écoutez-le.

J’ai appris cette triste nouvelle hier soir. Du coup, je me suis replongé dans Kensington blues, qui est le seul album que je connaisse de Jack Rose. Mais quel album ! Je me suis souvent demandé comment un seul et même homme pouvait extirper pareille musique de son instrument.
Sinon, à quel album fais-tu allusion en parlant des tonalités orientales ? Ca m’intéresse car ce sont des couleurs harmoniques que j’apprécie beaucoup. D’ailleurs, si tu as d’autres suggestions, je suis preneur.
Je suis très triste. Jack Rose était l’une des plus belles découvertes que j’ai faites ces dernières années. Pour répondre au commentaire précédent. Si je puis me permettre Seb, je conseillerais Raag Manifestos pour les tonalités indiennes ainsi que le 45 T sorti sur Tequila Sunrise pour le côté plus bruitise.
Hélas, je ne connaissais presque pas Jack Rose. Il avait l’air d’être un guitariste d’exception, un technicien virtuose doublé d’un mélodiste hors pair. Après Bashung et Jacno, 2009 aura été une année fatale.
Est-ce que quelqu’un pourrait me conseiller ces “meilleurs albums” et où les trouver ???? Merci
quel album nous recommande tu??
Je rectifie. Opium Musick sonne bien plus oriental que Raag Manifestos.
Oui je suis fan de kensington blues et raag manifestos, tous deux trouvables facilement chez gibert ou amazon ou directement sur le site du label vhf records.
ouais, écoutons le…
j’aime pas trop entendre parler de guitariste d’exception, technicien virtuose à son sujet. c’est vrai bien sûr mais ça évoque une démonstration de force alors qu’on ne ressent jamais ça en écoutant sa musique. elle coule juste de source. et les mélodies juste ébauchées sous le flot donnent à imaginer…
je retiendrais aussi le morceau sur la compile (indispensable) ‘wooden guitar’ et sa contribution au split ‘by the fruits…’ paru en triple vinyle sur eclipse/time-lag.
les deux albums parus cette année sous son (seul) nom sont de belles entrées en matière, qui plus est abordables (les premières oeuvres aux accents dronisants marqués du guitariste peuvent paraître plus difficiles de prime abord) : “Dr Ragtime & His Pals” et “The Black Dirt Sessions”. Je conseillerais tout particulièrement ce dernier, sorti chez Three Loobed, un LP en édition limitée somptueux, où figure même sur un titre le pianiste Hans Chew
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