Je reviens à Broadcast et aux sorcières

Depuis que je l’ai, impossible de me défaire de ce disque. J’adore Broadcast depuis longtemps, et chaque nouvel album me rapproche un peu plus de ma compréhension d’eux, de ma connaissance de mon amour pour le groupe, ses mélodies, son dérèglement, sa manière d’agencer et dispenser le monde, d’en faire un miroir où se reflètent en cohabitant toutes les fantaisies m’ayant jamais traversées l’esprit, le coeur. Ce nouvel album est fait avec The Focus Group
(du label Ghost Box, très prisé des amateurs de Hauntology – pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il parait que Chronicart prépare un dossier sur le sujet : j’ai hâte de le lire). On y entend des vignettes plutôt sans paroles, oniriques, électroniques, réverbérantes de l’intérieur, souvent ambient, parfois déséquilibrées. Lorsque le chant est là, je le trouve si lumineux et perdu en même temps que j’ai l’impression de l’avoir toujours connu là, pas loin. Il y a dans tout cela quelque chose de cinématographique, comme une utopie des années passées capturées en musique : ces musiciens-là doivent vivre dans un autre espace-temps, leur monde est celui qui me parvient dans des vieux films de la Hammer, de Tigon, de ces années étroites entre la fin du Flower Power, du Swingin’ London et les premiers attentats terroristes, le premier choc pétrolier, les années du plastique qui était beau, avant de perdre la trace de Steve Ditko, les années où nous sommes nés.
April March bossa pour Steve Ditko. Elle en est comme la rémanence.
April March et Steve Ditko ?
Si si, oui, elle dessinait pour lui encore dans les années 90 il me semble (elle a une carrière à coté de la chanson)