Archives mensuelles : août 2009
Un été dans Arles (1)
Un été en Amérique (avec Harry Crews et Joan Didion)


Deux livres pour les vacances, qui se lisent plus vite que le passage d’habitude trop rapide des semaines à l’ombre. D’abord, L’Amérique de Joan Didion, dont on a dit beaucoup de bien ailleurs (notamment sur disciplineindisorder) : recueil de textes allant des années 60 aux années 90, de Haight Ashbury et Sharon Tate à New York, de John Wayne aux viols dans Central Park, l’Amérique est tout autant un portrait diffracté du pays que de l’intimité de son auteur – ou plus précisément de ses psychoses et blessures, qui transparaissent dans son écriture d’une blancheur tenue, d’une violence tellement rentrée et intériorisée qu’elle semble sourdre de partout. Joan Didion écrit avec le détachement des reporters qui publiaient pour des publications comme Vogue ou Life, utilisant le “Je” avec bien plus de calibrage et de filtres que ceux qui sévissaient à Rolling Stone. Son Amérique est un livre de poésie brute, de reportages désormais inouïs et de réalités rendues avec un sens quasi clinique de la netteté et du mal-être. Cette Amérique des villes modernes et post-modernes n’est pas si éloignée que cela, dans sa violence intériorisée, de celle, rurale et rugueuse décrite par Harry Crews dans son livre au titre français un peu minable (Des Mules et des Hommes – il ne fallait pas chercher bien loin, alors même que le titre original disait tout : A Childhood ; The Biography of a Place). Le reste de la traduction, signée Philippe Garnier, est par contre de grande tenue et rend bien le style tout détaillé de Crews, grand écrivain de polars à freaks, qui livre ici une autobiographie tout aussi tourmentée et hantée que ses autres ouvrages. De quoi s’agit-il ? De son enfance à Bacon County, dans les années 30, après la Grande Dépression et de son quotidien de petit garçon entouré par l’aridité, la pauvreté, la violence du lieu et de la famille. Le livre fait moins de 300 pages, il date d’il y a trente ans et vient de sortir en poche. Sa lecture raconte l’Amérique de ces années-là, mais parle aussi d’ailleurs, d’un moment commun aux enfances dans des lieux, des villes, des paysages massacrés qui n’arrêtent pas d’habiter ceux qui y ont grandi : Crews est ainsi, faisant de Bacon County un point de rassemblement universel, un port de départ, auquel on ne revient jamais, mais impossible à oublier.
J’attends impatiemment le Love Comes Close de Cold Cave

J’ai toujours la foi
Le premier concert où je suis allé tout seul, comme un grand, c’était New Order à la Mutualité à Paris. J’ai encore le
billet quelque part et je me demandais si des lecteurs de ce blog y avaient été aussi et s’ils en avaient des souvenirs ? Les miens sont tellement épars, diffus et si beau en même temps, pleins de crainte, d’espoir, d’incertitudes et d’émerveillement. Je me souviens du papier de Libé le jour même qui titrait méchamment “La Mutuelle des anciens de Joy Division”. Si quelqu’un s’en souvient, c’est le moment d’en parler, de montrer les photos, de me raconter pour que je me souvienne vraiment.
J’aime bien les pochettes des cassettes de Tapeworm
J’attends Get Back Guinozzi !

J’attends avec impatience le premier single de Get Back Guinozzi, groupe signé sur Fat Cat, originaire du Sud de la France et dont certains membres s’occupent avec bonheur de festivals entre Hyères et Toulon, l’excellent festival MIDI et le festival Musiques Pour Ecran. Leur disque devrait être un des tubes de notre année, avec en face B une reprise pétillante de Police and Thieves (Junior Murvin, The Clash…) et en attendant,le groupe est à écouter par là.
J’ai interviewé Tongues of Mount Meru

J’écoute beaucoup The Ocean of Milk premier album de Tongues of Mount Meru, pseudonyme adopté par Lasse Marhaug (dont les disques en solo ou sous le nom de jazzkamer sont plutôt très appréciés des amateursde noise post-merzbow) et Jon Wesseltoft (du groupe de Black Metal Thorns). Leur disques présente deux morceaux, un par face, qui sont de très abrasives montées bourdonnantes, statiques et dures, fondées sur la répétition d’un orgue électrique primitif. Je leur ai envoyé quelques questions par email. Voici leurs réponses, écrites par Jon (Lasse était en vacances)
Basiquement, nous avons enregistré ce que nous avons joué. Ensuite, les morceaux ont été édité pour correspondre à des formats spécifiques ou pour les renforcer. Les instruments étaient des oscillateurs, des amplis, un shruti petti et un accordéon électrique.
Oui, je crois que ce sera plus ou moins cela. Une musique comme celle-là a besoin de temps pour se développer et exige de son auditeur beaucoup d’attention.
Nous n’y pensions pas ainsi, mais c’est une bonne définition. Cela dit, ce n’est qu’un nom, sans déclaration formelle.Le lait fait référence à ce qui entoure le mont Meru.
D’autres disques sont prévus, mais pas de concerts. Si nous devions jouer, ce devrait être dans des endroits très spécifiques. Pas dans une salle de concert classique, mais dans la cave d’un vieux temple.
Je suis impatient de lire la nouvelle réédition des comics de Fletcher Hanks, You Shall Die By Your Own Evil Creation

Je me mets à l’absurde des Tales To Thrizzle de Michael Kupperman

Drôle de série, sortie en comics, 4 volumes à ce jour, que je n’avais jamais vraiment compris ou réussi à totalement m’approprier jusqu’à la publication de ce recueil tout en couleurs, qui ressemble à un almanach et à un album Spirou ou Tintin des années 50, en format contemporain, comme passé à la moulinette et aux filtres de Pierre La Police et Charles Burns aussi. Dans une année un peu morose en bandes dessinées nouvelles et excitantes (mais plutôt bien fournie en rééditions et livres expérimentaux), ce livre de Michael Kupperman est un OVNI, un pur fantasme.














