J’ai lu ce livre

Sorti une première fois en 1997, ce livre renait aujourd’hui de la plus belle manière, car son sujet est totalement contre l’époque contemporaine – tout contre et collé contre, aussi, comme dirait l’autre. Jean-Yves Jouannais dresse les portraits croisés d’artistes n’ayant jamais produit d’oeuvres, et condamnés eux-mêmes à disparaitre du fait de cette absence de production. Ce qui en 2008, alors que tout le monde se veut artiste, se fantasme artiste et cherche à produire avant tout, à laisser une trace tangible, parait insensé, surgi d’une autre époque. L’écriture de Jouannais est belle, fluide, attentive à son lecteur et virevoltante même. Au passage, elle se fait aussi comique, puisque Jouannais glisse là un artiste n’ayant jamais existé – un peu comme Nurse With Wound l’avait fait en citant en supplément de son légendaire premier album une liste de groupes l’ayant influencé et au milieu desquels, plusieurs n’ayant jamais existé – certains les cherchent encore.
il faut lire ‘bartleby et compagnie’ de vila-matas, aussi, qui traite du même sujet et part de la même phrase de melville…
Et lire aussi les écrits de Jacques Rigaut et les lettres de guerre de Jacques Vaché.
Et lire aussi le volume consacré à la vie et aux (quelques) oeuvres d’Arthur Cravan aux éditions Champ Libre. Par ailleurs, Jouannais a écrit un essai très intéressant sur l’idiotie en tant que fil conducteur de l’art moderne. Votre blog est très sympa.