J’écoute en boucle les drones d’Oneohtrix Point Never, “Betrayed in the Octagon”

Sorti sur No Fun Productions (le meilleur label de ces deux dernières années ?) et déjà épuisé “à la source” (mais trouvable ailleurs, notamment chez des distributeurs comme Metamkine), ce premier vinyle d’Oneohtrix Point Never est une belle claque assénée d’une main feutrée et douce. D’abord qui est ce groupe ? Derrière ce drôle de nom, il y a un Américain fou de synthétiseurs et séquenceurs vintage, qu’il utilise pour créer sa musique croisant un brin de Tangerine Dream, un peu de Klaus Schulze, d’Aphex Twin (période Ambient Works), Heldon, etc. Tout ça et peut-être aussi rien de tout cela, tant donner des références devient d’une difficulté croissante (au moins pour moi) et tant cet album se soustrait aux attentes et aux échos diffractés du passé. Il s’y déroule juste une sorte de geste intime, comme l’écriture d’une lettre, d’un roman, après avoir refermé un livre de Rimbaud, de Bataille, de Burroughs. Ce que j’aime bien aussi, c’est l’idée que ce groupe fait partie, inconsciemment, du regain d’intérêt actuel pour les vieilles machines analogiques et, surtout, pour la musique faite essentiellement à partir d’elles, pratiquement sans ordinateur. Je pense à Demons, mais aussi, sans doute, à Cold Cave, peut-être à Salem. Une renaissance synthétique à surveiller d’aussi près que la nouvelle génération de shoegazing (The Pains of Being Pure At Heart, etc.), qui risque d’avoir plus de retentissement médiatique (j’y reviens vite). Oneohtrix en tout cas a déjà sorti plusieurs CDR dont un pour le très bon label français Rural Faune. Et j’oubliais :  je suis fou de cette pochette qui pourrait être la photocopie abimée par le temps d’une page de Métal Hurlant.

2 commentaires
  1. ludo a dit:

    joseph,
    si tu as l’occasion de trouver le cdr ‘a pact between strangers’ sorti sur gneiss things, c’est encore plus beau. gneiss est le label de steve hauschildt -un des membres d’emeralds- qui, lui aussi, en solo ‘fabrique’ de bien jolies choses.

  2. ludo a dit:

    ah et oui…l’artwork du lp (bô en effet) est signé chris madak qui construit de la musique sous le non de beemask. chouette aussi (moins mélodique si dans le contexte, cela a encore un sens)

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 52 followers