Je pourrais me noyer là, dans le Secret Earth de The Dead C

Si je pouvais jouer avec un groupe, ce serait certainement celui-là que je choisirais : The Dead C, qui poursuit depuis 20 ans ou plus un chemin oblique, qui ne trace ni une carrière, ni une voie toute faite. Le groupe, un trio néo-zélandais (dans lequel sévit l’excellent Bruce Russell, musicien admirateur de Guy Debord et Alain Robbe-Grillet, et critique pour The Wire), s’active quelque part aux tréfonds du free rock, composant (ou plutôt sculptant) des albums dont l’écoute est quasiment expiatoire tant elle dégage une tension joyeuse. Le nouvel album du groupe, Secret Earth, est habillé par une pochette qui me touche directement, pour une raison inconnue. On dirait une photo de Jon Wozencroft, mais en moins délétère, dégageant une étrange atmosphère de science-fiction, inexpliquée. La musique, quatre morceaux désarticulés, est tout aussi happante – et dérangée. On y entend des morceaux de rock démoli, qui vibrent, vrillent, organisent un univers différent, depuis un garage ou une cave ou une vieille maison désaffectée, hantée. Il y a là quelque chose de primal, d’organique, entièrement honnête et immédiat. 20 ans plus tard, les musiciens de The Dead C ne sont ni cyniques, ni désabusés, ni anéantis. Ils sont toujours là, ils vieillissent bien avec moi.
Un groupe vraiment unique. La pochette de leurs albums qui me touche le plus (sans trop non plus savoir pourquoi) est celle de The White House. L’album va avec, il va sans dire.
Belle découverte
Primal est le mot.