Je visite An Imaginary Country de Tim Hecker

Ecouter des disques est souvent un bonheur insensé. Se plonger dans la matière d’un album est une expérience exaltante, qui anime les sens, les dérègle parfois, leur ouvre l’appétit et peut les mettre, aussi, complètement en vrac, tout dessus-dessous. Les plus beaux exemples de cela, ce sont des disques comme White Light / White Heat et Loveless : des albums qui bouleversent des vies, suscitent des vocations quasiement monacales. Et en écoutant An Imaginary Country, le nouvel album de Tim Hecker, j’ai tendance à croire que sa vie a bien été chamboulée par Loveless et ce qui s’en est suivi, et qu’il y a entendu la même chose que moi : les vapeurs plutôt que les flammes, les mélopées plutôt que les rythmes, l’apaisement plutôt que la cauchemar. Et il en a récolté une musique qui ne révolutionne rien, mais qui, à chaque nouvel album, me procure une même sensation d’outre-monde, d’univers microscopique dévoilé dans mes oreilles, comme une sensation de familiarité retrouvée presque par accident. Sa musique est électronique, mais elle est aussi tout habitée par des guitares – ou plutôt par les échos des guitares, les réverbérations plutôt que les attaques, les ombres flottantes. An Imaginary Country me parle doucement ce matin, je ne sais pas encore si je l’écouterai à nouveau ou s’il restera longtemps là. Il est en tout cas idéal pour renouer avec un semblant de soleil, un vieux souvenir.
A noter que Tim Hecker sera en live, le 20 Mai prochain, à la Fondation Cartier (21H00 & 06,50 Euros). Il est préférable de réserver. Je vous invite à le faire rapidement, car la Fondation Cartier, ce n’est pas le Zénith. La salle a une capacité de 500 à 600 places me semble-t’il. A bon entendeur… jean-marc