Il suffit de lire Sacha de Charles Berberian

Voilà, parfois certains livres vous tombent des mains directement tandis que d’autres vous attrapent par le col et vous mènent ailleurs, interrogent ce qui vous émerveille et ce que vous pourriez en faire. Depuis 3 ou 4 ans qu’il le trimballe comme un objet avec lequel on ne peut s’empêcher de jouer tout au long d’une période, je vois Charles construire ce beau Sacha épais comme un sentiment qui refuse de sortir. J’en avais lu une partie (la première, je crois) mais pas le reste, pas la troisième et dernière partie, dans laquelle il a mis beaucoup de choses dont je l’ai entendu parler l’an dernier, par exemple la musique concrète. Mais ce n’est là qu’une anecdote sans grand intérêt. Ce qui est passionnant dans ce livre, c’est l’entière liberté dans la laquelle il se déploie, le chemin qu’il emprunte, absolument pas balisé, et la manière assez élégante qu’il a de mêler Walt Disney et Robert Crumb , Moebius et Pierre Schaeffer – autant de pistes qui sont surtout miennes et pas du tout explicites ainsi dans le livre qui laisse une flopée de portes ouvertes, de chemins à emprunter. Liberté, donc, dans sa narration en trois parties et, surtout, dans le dessin, qui donne l’impression d’être de plus en plus organique, vivant quasiment tout seul et répondant en cela à la même enivrante liberté qui dominait le Hanté de Philippe Dupuy. J’écris tout cela, mais je pourrais ne rien écrire, on pourrait me croire complice, vendu, ou bêtement fidèle. Mais tant pis pour les mauvaises langues : un bon livre est une chose si rare qu’aucune raison n’est suffisante pour ne pas en parler, pour ne pas écrire à son propos et inviter à le lire. Voilà, invitation lancée : Sacha est là pour être lu.

1 commentaire
  1. Sacha est, comme tu le soulignes, un livre rare, passionnant et touchant. Il ne faut pas passer à côté. Mais je crois bien que Sacha s’écrit avec un C en non un S…

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