Quand un morceau arrive par deux voies différentes, qu’il est recommandé par des amis qui ne se connaissent pas, c’est qu’il a en lui quelque chose de particulier. La famille Bendaly est un petit mythe du Liban et compte plusieurs musiciens. Elle avait même fait irruption dans les années 80 au sein de la variété internationale avec un tube sur l’enfance et la guerre (programmé par Michel Drucker, à l’époque). Mais là, on est au-delà de la variété, dans un moment de musique arabe et hippie, détournée en anglais, sonnant autant Bollywood que Carnaby Street. De quand date ce morceau ? 1978 ? Sur Youtube, on le dit enregistré au Koweit. Mais, le paysage pourrait être celui de la corniche de Beyrouth au loin. Le soleil est le même, et l’insouciance impertinente du groupe pourrait presque être une preuve qu’on est bien là au Liban, en plein pendant la guerre. Ce qui compte, c’est de faire la fête en se demandant qui peut bien nous aimer.
Archives mensuelles : février 2009
Je ne savais pas que Pierre la Police avait fait une pochette pour Skullflower

Je bourdonne avec Move D

C’est le genre de disque que l’on n’oublie pas, qui reste encastré dans la mémoire, même s’il a, à la première écoute, l’air d’à peu près rien. Le titre du disque m’avait interpellé, Drone et j’en avais entendu parler sur des sites, qui en faisaient souvent le maxi de l’année 2008 – ou presque. Etonnant pour un disque sans pochette, sans aucune inscription à part le nom du label (Modern Love), n’ayant qu’une seule face à son actif et composé par Move D, un producteur dont on n’avait plus vraiment pris de nouvelles depuis la fin des années 90. Par hasard, il y a une semaine ou deux, je suis tombé sur le disque dans un magasin de techno. Je n’avais aucune idée de ce qu’il était, je l’ai posé sur la platine, trouvé plutôt bien et cru qu’il s’agissait d’une production Deepchord (dont certains disques sont sortis sur le même label). Arrivé la maison, je me rends compte, en vérifiant les inscriptions gravées sur le vinyle, qu’il s’agissait plutôt du Drone de Mode D. Un seul morceau, long, qui arrête le temps, impose un gel des mouvements, en faisant tournoyer des nappes mélancoliques, une rythmique lentement tendue, doucement étendue. Il y a là quelque chose de happant fabriqué à partir d’éléments n’ayant rien de neuf ou de révolutionnaire, mais qui, agencé ainsi, ne demandent qu’une chose : être entendus, réécoutés, sans lassitude.
Salut, c’est moi
Je suis au téléphone
J’ai croisé Picasso

J’ai vu des bouts de l’Afrique du Sud à Angoulême



Je découvre Conrad Botes



A Angoulême, j’ai pris en pleine figure la bande dessinée Sud-Africaine. Trois livres viennent de sortir dont l’anthologie Bitterkomix (chez l’Association) et Chants et Chiens de Conrad Botes (chez Cornélius). Il y a là quelque chose qui m’interpelle e dont je reparlerai bientôt. Pour le moment, je me contente de regarder, lire, m’immerger.