J’ai La La La dans les yeux et les oreilles

Il y a quelques mois, j’écoutais un disque de Felicia Atkinson et Sylvain Chauveau, Roman Anglais, dont au moins un morceau titré Aberdeen m’avait marqué par son profond sens du déplacement. La La La, le nouveau disque de Felicia Atkinson, toujours aidée par Sylvain Chauveau, vient de sortir sur le label japonais Spekk, orné des dessins minimalistes de la chanteuse (qui tient aussi un blog très poétique et tout aussi minimal que ses jolis dessins). L’aspect de ces derniers évoque par avance la musique contenue dans le disque par leur immédiateté, leur aspect enfantin, leur naïveté comme brute. La musique est ainsi, de la même trempe, comme du folklore recueilli un soir de pluie, en pleine campagne, mais européenne. Pour autant, les morceaux ne sont pas si bruts qu’il y parait. Contrairement au disque précédent, plus linéaire dans sa construction et la narration de ses chansons, La La La se révèle plus complexe et dense, construit à partir de strates, de boucles, de superpositions, de sons qui reviennent, d’échos se faisant sentir doucement, parvenant lentement à l’esprit, habités par une candeur maline et une mélancolie envahissante. www.spekk.net