Je fais le Yoyo

Ce morceau a été tellement important au moment où je l’ai découvert, grâce à une compilation Soul Jazz. La même que Tortoise a dû écouter avant de reprendre Thème de Yoyo vers la fin de leur deuxième concert parisien, à l’Arapaho. Le meilleur concert du monde, cette année-là. Je me souviens encore du trajet en métro avec Michel et de notre certitude d’aller voir un concert résolument génial. Thème de Yoyo est extrait de la BO du film français Les Stances à Sophie, composée par l’Art Ensemble of Chicago durant un long séjour en France, au début des années 70. Ils avaient alors sorti une poignée de disques assez réussis, dont celui-là et le très émouvant People In Sorrow. Le film Les Stances à Sophie vient d’être édité en DVD par Soul Jazz. Un truc un peu hippie, plutôt intéressant, mais qui ne vaut pas le More de Barbet Schroeder. Mais, rien que pour la BO, il faut le regarder : musique et images s’y taquinent bien. Et pour Bernadette Lafont aussi.

5 commentaires
  1. Fabien a dit:

    Thème de Yoyo est un titre capital, le chaînon manquant entre le free-jazz et la soul music et le morceau après lequel tout “l’acid-jazz” a couru 25 plus tard sans jamais le rattraper. C’est la collaboration du génial Art Ensemble Of Chicago, groupe de Jazz qui a énormément fait pour la reconnaissance des musiciens (cf. AACM) et de la musique noire (cf. leur notion de Great Black Music). Ce titre est (parfaitement) chanté par Fontella Bass, celle du hit Rescue Me, alors la femme de Lester Bowie, trompettiste de l’Art Ensemble. The Cinematic Orchestra, qui s’est beaucoup inspiré de ce titre (et d’Alice Coltrane) lui a d’ailleurs fait faire un très beau disque en 2002, Every Day.

    L’Art Ensemble était alors réfugié à Paris comme toute une partie du Free Jazz américain (une histoire intéressante mais largement méconnue). (Thurston Moore a édité une compilation de titres produits par le label phare de cette période, qui a accueilli beaucoup ces musiciens exilés, BYG/Actuel). L’Art Ensemble Of Chicago, c’est un des très grand nom du Jazz, et c’est à Paris que leur créativité à explosé, à un rythme incroyable : de juin 1969 à février 71, pas moins de… 18 disques ! Ils sont drôles, jouent sur des toutes sortes d’instruments, beaucoup de ces disques sont véritablement des fêtes.

    Vous parlez “d’une poignée de disques” et vous citez, avec raison, People In Sorrow. Mais que dire de A Jackson In Your House, The Spiritual, Message To Our Folks (et son génial Rock Out, avec guitare éléctrique et ambiance “Krautrock”), Reese & The Smooth Ones, l’incroyable 45 tours Je suis un sauvage (premier rap français, produit par Saravah et unique titre chanté par Alfred Panou, qui tient maintenant un cinéma à St Michel), la collaboration avec Brigitte Fontaine (Comme A La Radio, Saravah là aussi), un autre 45 tours soul (Mystifying Mama avec Marva Broome), etc. Il faudrait faire un long article sur ce groupe et plus précisent cette période, c’est un concentré du génie de ces années, d’une richesse sidérante…

  2. jg a dit:

    J’adore Comme à la Radio, un de mes disques préférés, notamment pour son morceau d’ouverture.
    J’en avais trouvé un exemplaire pour un des patrons de Honest Jon’s il y a plus de dix ans ; il courait après depuis très longtemps sans savoir ce que c’était exactement…
    Sinon, oui, l’Art Ensemble est un groupe assez important et son parcours très intéressant, puisqu’on en retrouve l’influence jusque dans le post-rock de Tortoise. Leurs disques enregistrés en France étaient réalisés au même moment que ceux d’autres musiciens américains exilés ici : Sunny Murray, Archie Shepp, etc. qui ont été édités par BYG, Shandar ou encore America (quelques beaux disques sur ce label, comme ceux de Noah Howard ou Clifford Thornton).

  3. Fabien a dit:

    Merci pour les références (Noah Howard et Clifford Thornton), je vais aller voir ça…

  4. T. a dit:

    alut, la compilation “universal sounds of america” de Soul Jazz a marqué pas mal de monde. L’originalité de son concept (en gros l’afro-futurisme d’une génération de musiciens de free-jazz au début des années 70, tournés à la fois vers l’abstraction et l’énergie soul et funk de la rue), sa réalisation très classieuse, et la musique qu’elle rendait accessible, en ont fait rêver plus d’un.

    Qu’honneur et gloire soient rendus à Souljazz (qui portait bien son nom)…

    T.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 52 followers