Je regarde Momus chanter Hairstyle of the Devil

Il y a vingt ans ou un peu plus, Momus était mon héros. Parce que la pop que j’aimais était forcément bien écrite, emplie de références littéraires ou rock, parlait du monde mais aussi de livres et Momus était maître dans cet art de mixer la culture et les sentiments, les références cultivées et l’autobiographie. J’adorais plus que tout son album The Poison Boyfriend, notamment sa chanson introductive The Gatecrasher. Je me souviens qu’on rigolait sur une autre chanson, Violets, sublime d’un bout à l’autre jusqu’à l’apparition en bout de course d’un refrain qu’on aurait dit emprunté à Enrico Macias. Ensuite, sur ses disques suivants, sa musique s’est faite plus synthétique, se rapprochant d’une version folk de New Order et elle a été, le temps de deux albums et un maxi, assez réussie. Le maxi, c’est celui-là : Hairstyle of the Devil, qui cite les Stones et parle d’amour ou plutôt raconte une histoire de couple à trois, de jalousie, de nuits qui n’en finissent pas, d’épuisement dans ce que l’on aime ou ce que l’on n’aime plus. Autant d’histoires qui faisaient d’ailleurs déjà la matière des premiers maxis de Momus, bien plus acoustiques mais incroyablement attachant, notamment celui où il reprend trois morceaux de Brel et celui qui porte l’un des plus beaux titres de toue l’histoire de la pop cachée : Murderers, the Hope of Women – si quelqu’un possède la vidéo de ce titre, si elle existe, j’aimerais la voir.

1 commentaire
  1. jlg a dit:

    c’est étonnant, je viens de me replonger dans la discographie de Momus en complétant ses années Creation avec Hippopotamomus (je l’avais vu à Londres en concert à cette époque, il jouait de la guitare nylon, entouré de moniteurs qui passaient des images en boucle de Gainsbourg, il n’y avait que 15 jeunes japonais recueillis, un ami consterné (par la musique) et moi qui le regardait avec joie), Timelord (sa pochette Pierre & Gilles) et Voyager qui me manquaient, ces deux derniers imprégnés de sonorités électro, empruntés maladroitement aux Pet Shop Boys. J’ai dans la foulée, la semaine dernière, commandé Lusts Of a Moron, un beau livre (mise en page, typo) qui compile ses paroles jusqu’à Voyager. Il ne faut pas oublier aussi à mon avis ces derniers disques Ocky Milk et Otto Spooky, aux fines enluminures numériques. Enfin, son blog Click Opera est toujours une mine de réflexions sur tous les sujets. C’est un drôle de personnage.

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