
Je ne sais ce qui se passe cette année, mais j’ai l’impression d’avoir entendu bien plus de disques étranges, malicieux, organiques, différents, que durant les six dernières années. Un regain de créativité ? Je ne sais pas, et toujours est-il que je suis là, assez bluffé par l’album d’un groupe dont je ne connais rien, The Pyramids, sauf qu’il est sur un bon label de rock américain taré, Hydra Head (on y croise Jesu, Isis, Pelican). Le disque des Pyramids est juste incroyable de turbulences et de tornades, habité par cet air des albums faits à la maison, mais dans une maison hantée, en train de s’écrouler, le blizzard juste dehors. J’y entends des spectres venus de My Bloody Valentine, de Jesus and Mary Chain. J’y entends des maladresses mises à nu, des voix qui meurent en hurlant, des rythmes inhumains, une violence qui ne s’exprime qu’en s’envolant très loin. Il y a comme un mélange perturbant de vie et de mort, de jeunesse et de temps qui va trop vite, d’orage qui gronde par là-bas et déboule vite jusqu’ici. L’album est sorti en un double CD : pour le moment, j’écoute le premier, sur le site du groupe. Je n’ai pas écouté le second disque qui rassemble des remixes des chansons (oui ce sont des chansons) de ce groupe qui n’a pas l’air d’exister sinon dans l’imagination de celui qui a dû l’inventer au pied de son lit. 2008 est une belle année pour les perdus, les ravagés de l’esprit qui s’en remettent au bruit.
http://www.hydrahead.org/hh/pyramids_site/
WordPress:
J’aime chargement…