J’aime bien écouter les disques de Weekend en pleine semaine

J’adore tellement l’album de Young Marble Giants que je n’ai jamais vraiment cherché à écouter les autres disques des groupes qui ont suivi et qui tournaient autour des mêmes musiciens. A chaquefois que je l’ai fait, j’ai été déçu, ou en tout cas jamais aussi charmé – à part peut-être pour le premier album de Statton & Devine qui inclut une merveilleuse reprise acoustique du Bizarre Love Triangle de New Order. Mais il y a quelques jours, j’ai trouvé La Variété de Weekend et je me suis souvenu avoir bien aimé le maxi The View From Her Room du même groupe (passé par Michel il y a plusieurs mois de cela, alors que j’avais repéré le disque sur une liste de Gilles Peterson). Dans Weekend, il y a Alison Statton, chanteuse de YMG, Simon Booth, Spike et d’autres musiciens invités. Ici, on est plutôt du côté du Brésil que dans l’Angleterre industrielle de YMG. Ou plutôt, on est dans une version assez élégiaque de la musique brésilienne, qui n’arrive jamais à être tout à fait aussi joyeuse et céleste : passé à la moulinette des anglais, cette musique n’est plus tout à fait de la bossa, ni de la pop, ni du jazz, ni de la new wave. En fait, ne serait-ce qu’à cause de sa pochette dessinée et de son titre en français, La Variété m’évoque une bande son que pourraient écouter les personnages des bandes dessinées de Serge Clerc, en bout de course, en fin de nuit. Il y a de sombres et jolies correspondances entre la musique de cette époque et les BD du même moment, qui disent des choses du monde d’alors, des années 80, et surtout donnent encore beaucoup à rêver, vingt ou vingt-cinq ans plus tard.

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