
En juin, trois dessinateurs américains, Jeffrey Brown, Anders Nilsen et Paul Hornschemeier, seront exposés à Paris dans la galerie Anne Barault. J’ai posé trois questions à Félicia Atkinson qui est la commissaire à l’origine du projet.
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> Comment avez-vous découvert ces trois auteurs et qu’est-ce qui vous a plu dans leurs univers ?
j’ai decouvert leur travail à la librairie Quimby’s dans le quartier de wicker park à chicago lors de mon premier voyage là-bas en 2005 c’est sans doute une des meilleures librairies du monde concernant la bande dessinée, il y a des nouveaux fanzines qui arrivent toutes les semaines, du plus élaboré au plus lo fi
le travail de chacun des trois chicagoans m’a d’abord interpellé personnellement:
jeffrey brown pour la simplicité des petites histoires qu’il raconte, leur aspect à la fois si intime et pourtant jamais vulgaire ni niais, anders nilsen, pour cette quête philosophique et sentimentale dans les béances du paysage et de la disparition de l’être aimé, paul horneschemeir dans l’espèce de dynastie qu’il continue post daniel clowes-chris ware-charles burns, où l’animalité et l’humain se confrontent à la recherche de leur identité et histoire
puis j’ai découvert qu’ils s’étaient regroupé sur un site sous le nom de The Holy Consumption, ce qui a confirmé mes intuitions qu’ils avaient quelque chose en commun
anne barrault, très gentiment, m’avait proposé de réaliser une exposition sur des artistes de chicago au retour de mon deuxième voyage qui avait duré six mois. Sa galerie s’interesse particulierement au dessin et à la bande dessinee, puisqu’elle represente des gens comme killofer, david b, ou jochen gerner. Je sais qu’elle est une vraie passionnée, qu’il ne s’agit pas d’un opportunisme d’époque mais d’un vrai amour du trait et de la bd
suite à cette proposition, j’ ai donc donné rendez vous dans le café Earwax aux trois dessinateurs, un "diner" à côé de quimby’ s, à Chicago, qui est aussi un excellent loueur de dvds, et on a commencé a parler du projet ensemble.
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> Pourquoi avoir voulu les exposer alors qu’ils sont avant tout des auteurs de livres et de comics ?
tout d abord car la question du passage d’une dimension à l’autre me préoccupe beaucoup autant comme artiste que comme "curatrice"
comme une boutade aussi: est ce que le vrai super héros ne serait pas justement celui qui passe de la 2eme dimension de papier à la 3eme dimension qui comprend l espace, surtout en ces temps de tout virtuel?
plus sérieusement, j’adore les livres tout court et tout autant les livres de bande dessinée, mais je ne crois pas que cette exposition les annule, au contraire elle permet de les mettre en valeur, de montrer la vraie qualité graphique de chacun d ‘eux, hors de toute narration jeffrey, anders et paul ont travaillé exprès pour l’expo et il y aura des dessins qu’ils n’auraient pas pu montrer autrement, notamment les grands formats d’Anders.
plus simplement, car je trouve que les dessinateurs de comics de chicago ne sont pas assez connus en france alors que leur travail est extraodinaire
> Quelles correspondances trouvez-vous entre leurs œuvres, qui semblent très distinctes et différentes ?
avant tout la question de l’identité, de la quête existentielle, pragmatique ou plus poétique, voire métaphorique; et puis celle du midwest : chacun, à travers ses personnages se met en scène dans des questions initiatiques, même si à chaque fois l’angle est différent:
comme les relations sentimentales (jeffrey)ou la filiation (paul), et comme l’ absence, l ‘errance (anders)
et puis chacun d’ entre eux avoue son attachement à la culture du midwest et à chicago, une ville au climat très rude et à l’architecture parfaite pour batman, mais aussi entourée de petites maisons et de suburbs, qui a sa propre histoire, faite de culture underground et de mouvements politiques, et en même temps, c’est une ville pétrie d’une mentalité assez paysanne, celle du midwest et des champs immenses qui l’entourent.
http://www.galerieannebarrault.com/midwest/midwest_fr.html
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