J’écoute ce disque : Rubycon de Tangerine Dream

Je suis arrivé au krautrock par Can et Neu!, pour enchaîner avec d’autres groupes, notamment les grandioses Ash Ra Tempel. Tangerine Dream a toujours été un mystère : ce groupe était-il écoutable ? Julian Cope m’avait fourni un début de réponse : dans son livre Krautrocksampler, il disait que les quatre premiers albums du groupe étaient les seuls essentiels : il s’agit de ceux d’avant la signature avec Virgin, lorsqu’ils étaient édités par le label Ohr, mythique maison indépendante allemande. D’ailleurs, ce sont les moins courants. Les autres, je les voyais trop trainer dans les bacs à soldes, résidus des collections des hippies seventies qui avaient depuis longtemps revendu leurs disques en même temps qu’ils perdaient leurs illusions. Depuis, peu à peu, je me mets à réévaluer cette époque de Tangerine Dream, ne serait-ce que parce qu’ils symbolisent un moment atypique : leurs disques étaient composés de longs morceaux, souvent un seul divisé en deux faces, et édités par Virgin, maison hippie mais qui parvenait tout de même à toucher un public assez large, plutôt pop. Aujourd’hui, personne ne prendrait un tel risque et encore moins Virgin, non ? Toujours est-il que je me suis racheté samedi dernier un exemplaire de Rubycon. J’en avais déjà acheté un ou deux exemplaires dans le passé, mais vite revendus – je ne comprenais pas vraiment cette musique, ou en tout cas je la comprenais moins que les drones cosmiques des premiers albums du groupe. Aujourd’hui, sans doute grâce à une écoute plus poussée de groupes comme Quiet Village, Studio et quelques autres, je m’immerge plus facilement dans tout ce qu’a pu faire Tangerine Dream. Et Rubycon me semble un vrai parangon. Le disque débute comme une expérimentation concrète, mêlant sonorités électroacoustiques et atmosphériques, avant d’embarquer, soudainement, dans une odyssée plus rythmée et résonante, comme de la techno ralentie mise sous un aquarium, baignée de drones, de nappes délétères. Bref, il y a là de quoi imaginer un univers entier, le temps de deux faces de 17 minutes chacune. Bien sûr, il y a une vraie saveur hippie dans ce disque, mais il ne sent plus tellement le patchouli d’époque. Au contraire, il est sensiblement baigné dans une onde de violence rentrée, d’énervement caché, comme une implosion permanente des sens.
Tu ne préfère pas Phaedra ?
Il faut aussi écouter leur B.O.F. et plus particulièrement celle pour le sublime Convoi de la Peur (Sorcerer) de William Friedkin ou celle pour Le Solitaire (Thief), le premier Michael Mann (sublime aussi d’ailleurs !).
Tangerine Dream rules !
Stratosfear forever
sami, revient dans notre blog et abandonne tes errements hippie!
mais j’ai pas le droit de parler de ça sur le blog chef
sinon je veux bien négocier mon retour au bercail au prix d’un bon post sur Heldon…
tu as tout à fait le droit d’en parler
tu peux dire, par exemple, “c’est de la merde”
c’est court, c’est précis, c’est vrai
quoi donc ? Tangerine Dream ou Heldon ? C’est plutôt bien Heldon, non ?
les 2 sont super
il ne faut pas écouter ce vieux punk de g m , il a vécu certains traumas insurmontables (par exemple être adolescent pendant les années 70) qui ne lui permettent pas d’apprécier toutes ces belles choses
on lui pardonne allégrement
votre aculturation me soucie mais je garde espoir
un processus par lequel un groupe où un individu assimile une culture différente, qui lui est étrangère ?!?
yeah
incroyable ce soir je voyais un film (absolument génial) dont la musique était (admirablement) composée par tangerine dream
ce film s’appelle thief et a été réalisé par michael mann en 1981