Je regarde ce dessin, Matmos et Bo Diddley

J’ai rencontré Martin et Drew, Matmos, en juin 1999 au Batofar, pendant le festival Drift de Labradford. Je passais des disques (c’était ma première fois) mixés avec des boucles et des effets, juste avant eux. Depuis, nous nous croisons régulièrement, surtout parce qu’ils viennent souvent jouer à Paris.
Ils y étaient la semaine dernière, pour le festival Présence Electronique qui leur avait commandé une oeuvre inédite. Celle-ci s’est avérée une vraie réussite, empreinte d’humour et de justesse de ton, exactement comme l’étaient les premières oeuvres de musique concrète de Pierre Schaeffer auquel Martin et Drew rendaient affectueusement hommage.
Charles a profité de cette visite parisienne pour leur offrir un dessin d’eux (ci-dessus) qu’il avait fait l’an dernier, lorsqu’ils avaient joué à Paris et que nous les avions, tous les deux, accompagnés pendant 45 minutes sur la scène de la Fondation Cartier, en plein milieu de l’exposition Rock’n'Roll. Drew et Martin nous avaient demandé de jouer avec eux un même rythme aux shakers : celui qui compose la majorité des chansons de Bo Diddley (et que George Michael a repiqué pour un de ses tubes – Faith, je crois).
Voici comment ils le décrivent sur leur page myspace : “The Fondation Cartier in Paris were having a show about 50’s rock and roll and invited us to play…we stole an idea from Mark Lightcap and Bo Diddley. We wanted to play it as long as possible, while still retaining quality, interest and reason: we made it about 40 minutes. Here I have cut it down to about 9 minutes.
Charles Berberian and Joseph Ghosen played shakers THE ENTIRE TIME.
Nate Boyce played electric and electronically processed guitar,
Drew and M.C.S. did the rest.
The beginning are actual “diddley bos” that Drew constructed, Martin played and Drew sampled…sorry about some of the messy crossfades. That thump sound you can hear at the end is Drew’s laptop falling off his table due to enthusiastic stomp-dancing…”
Pour nous, c’était un incroyable moment de frénésie et d’hilarité. Je me souviens de Charles à l’autre bout de la scène, le visage souriant et lumineux, porté par ce rythme étourdissant. Je me souviens que l’idée même de cette reprise (refaire du Bo Diddley comme du Steve Reich, étendu et déphasé) me faisait vibrer le cerveau et plus encore en la mettant en pratique.
Martin vient d’éditer une version courte de cet enregistrement qu’il a mis sur leur page myspace, sous le titre “Live Diddley Bo Diddley”: www.myspace.com/matmos1
Et leur nouvel album sort en mai prochain. J’ai hâte.