dessins à deux : ink in link de Fleury et Plessiet

Difficile de ne pas succomber au charme de ce petit livre, acheté hier (chez Bimbo tower à Paris, qui venait d’être livré). Difficile, déjà, parce que j’apprécie le travail de Frédéric Fleury, l’un des deux auteurs. Difficile, surtout, parce que les livres à plusieurs, où les auteurs se mélangent, m’interpellent par ce qu’ils disent à la fois de l’absence de l’ego, de la refonte des personnalités et de l’apparition d’une entité inédite, composée par l’addition des auteurs, et qui est, toujours, un peu plus qu’une simple accumulation ou une juxtaposition. Ici, ce qui se joue, c’est l’idée du dessin à plusieurs, comme le pratiquent déjà tous les dessinateurs qui gravitent autour des éditions fais le toi même si t’es pas content (FLTMSTPC), comme Hendrik Hegray, Jonas Delaborde, Kerozen, Shoboshobo. Fleury n’est pas très loin de cet univers, puisque, tout comme ces derniers, il fait partie, et est même un des fondateurs/instigateurs, de Frédéric Magazine (site et série de livres de dessins).
Ink in link séduit par une sorte de complexité naïve : les dessins semblent ici sortir d’une mise en commun de cauchemars, de fantasmagories hallucinées. Les corps, les figures, les objets : tout cela dégoûline, se dévoile difforme et hors de toute nature connue. Il y a ici, étonnamment, quelque chose qui évoque les travaux de Shoboshobo et Jonas Delaborde. Des échos, des renvois, des citations : il existe en France, désormais, une vraie petite scène de dessinateurs dont l’activisme, l’énergie, la rage même, font songer à un ensemble de groupes de rock en plein bouillonnement. Aujourd’hui, pour être un vrai punk, il faut dessiner.
content que tu aimes.
plus plus.
ff.
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